GR 34 : du Légué à Jospinet

GR 34 : c’est reparti ! Quelques jours de congés en terres bretonnes, voilà l’occasion rêvée de reprendre le fil du sacro-saint sentier au Légué, là où nous nous étions arrêtés lors de l’épisode précédent (on avait en fait continué jusqu’à Saint-Brieuc mais ce n’était plus le GR 34 à proprement parler). Un peu avant 08 heures 30, nous arrivons en voiture au Légué. Qui dit randonnée, dit pique-nique alors on achète des sandwichs à la très bonne boulangerie Portland.

On a vite fait de retrouver une balise pour nous remettre sur le droit chemin. Le sentier nous fait longer le port du Légué, on passe entre autres devant l’atelier de réparation des bateaux.

Ensuite, ça monte un peu et c’est là que je me retrouve les fesses par terre sur le bas-coté, la faute à mon pied qui a glissé sur une marche en bois glissante. Plus de peur que de mal, l’aventure peut reprendre son cours ! Le sentier nous offre quelques belles vues plongeantes sur la mer.

Après un peu moins d’une heure de marche, les grèves de Langueux se dressent devant nous. Elles ont accueilli par le passé des courses hippiques mais aussi (et c’est moins glorieux) une décharge. Aujourd’hui, un chemin très agréable donne sur la réserve naturelle de la baie de Saint-Brieuc réputée pour abriter de nombreux oiseaux.

La Briqueterie est un écomusée situé le long des grèves dans une ancienne usine de briques. Elle accueille plusieurs expositions, notamment une consacrée au petit train des Côtes du Nord (c’est ainsi que s’appelait le département des Côtes d’Armor avant 1990 ; je suis donc née dans les Côtes du Nord). Je n’ai à ce jour jamais pénétré dans la Briqueterie (honte à moi !) mais il paraît que la visite vaut le coup. Tout près du musée se trouve la Crêperie des grèves (23 rue des grèves à Langueux) que je vous recommande chaleureusement car les crêpes et les galettes y sont délicieuses.

La rando se poursuit avec les grèves d’Hillion. Le sentier est très plat, ce qui permet de marcher à bon rythme (notre kilomètre le plus rapide a été parcouru sur cette portion).

La Maison de la baie donne directement sur la mer. Cet endroit me rappelle de lointains souvenirs car j’y étais allée en classe de mer quand j’étais en grande section ! Biens sûr, ce n’est pas très loin de Pordic mais je crois que c’était, pour la plupart d’entre nous, notre première nuit hors cadre familial. La Maison de la baie est un musée qui met à l’honneur les poissons et mammifères présents dans la baie de Saint-Brieuc. On déjeune sur une table de pique-nique juste à côté de la fameuse maison. La marée est basse, on distingue bien les oiseaux sur les bancs de sable.

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Les douaniers surveillent-ils encore la côte à partir du sentier qui porte leur nom ? J’étais jusqu’à aujourd’hui dans l’incapacité de répondre à cette question mais, après avoir croisé quatre douaniers en uniforme sur le sentier, la réponse est peut-être positive, qui sait ? On passe par la pointe des Guettes puis par la petite plage de Lermot. Force est de constater que depuis la pause déjeuner, le dénivelé est bien plus conséquent. Les montées ne sont certes guère très longues néanmoins certaines sont assez intenses.

L’anse de Morieux offre un beau panorama sur le Gouessant, fleuve côtier de 40,9 kilomètres se jetant dans la Manche.

Située sur la commune de Morieux, la chapelle Saint-Maurice domine la plage du même nom. Construit au XIXe siècle, le petit édifice a subi d’importants dégâts lors de la seconde guerre mondiale avant d’être remis en état à la fin du siècle dernier. Sans doute à cause de la marée basse, les parcs à moules sont particulièrement visibles aujourd’hui. Il faut dire qu’en baie de Saint-Brieuc, le parc mytilicole s’étend sur plus de 500 hectares et contribue à 10% de la production française.

Notre promenade du jour s’achève sur la plage de Jospinet (à ma connaissance, aucun rapport avec un ancien premier ministre). C’est à cet endroit qu’on vient chercher deux randonneurs un peu fatigués par sept heures d’efforts, certes plus ou moins intenses. Bilan : 29,93 kilomètres sur le GR 34 avec un temps superbe pour la saison (près de 16 degrés l’après-midi) !

Pour préparer cette rando, nous nous sommes abonnées à la formule « GR Access » proposée par la fédération française de randonnée pédestre sur son site Internet. En effet, nous avions investi dans un guide de la fédération pour le GR 34 sauf que celui-ci ne va pas plus loin que Saint-Brieuc. Il existe certes un volume pour la partie entre le Mont-Saint-Michel et Saint-Brieuc mais nous avons choisi d’opter pour la formule Internet. Pour 25 euros par an, elle permet de composer son propre parcours avec en bonus des informations sur les lieux traversés et quelques adresses d’hébergements. En somme, c’est un peu comme les guides édités par la fédé avec un peu moins de détails cependant. La création d’un parcours sur le « GR Access » génère un fichier GPX. Pour le lire sur un portable, il faut une application comme par exemple « GPX Viewer » qui coûte un euro. Verdict : le « GR Access » semble être un outil plutôt intéressant d’autant qu’il couvre tous les GR de France. Il reprendra, à coup sûr, du service lors d’une prochaine rando !

GR 2 : de Triel-sur-Seine à Juziers

GR 2, épisode 2 (au cas où vous l’auriez manqué, voici l’épisode 1) ! Afin de reprendre là où on s’était arrêté il y a de cela quinze jours, on prend le train pour Triel-sur-Seine. Il n’était pas censé faire un temps magnifique, loin de là, mais il pleuvine alors que la météo (je suis du genre à suivre tous les jours l’évolution des conditions climatiques pour planifier une rando…) prévoyait une journée dépourvue de pluie. Si averses il devait y avoir, croisons les doigts pour qu’elles ne soient que passagères !

Arrivés à Triel-sur-Seine, on retrouve notre bien-aimé GR 2. L’adjectif « bien-aimé » est peut-être tout relatif car peu de temps après avoir commencé à marcher, on se trompe de route et il nous faut un peu de temps ainsi que l’analyse combinée du livre GR 2 et de Google Map pour rentrer dans le droit chemin. Loin de moi d’excuser cette erreur mais il faut dire que le balisage n’est pas toujours très visible.

On passe par Vaux-sur-Seine puis Evecquemont, sans doute le plus beau village sur notre parcours d’aujourd’hui. Les petites rues autour de l’église sont, en effet, très paisibles.

Le GR 2 traverse une partie du parc naturel régional du Vexin français. C’est dans ce parc qu’on se trompe (encore) dans le balisage et qu’on suit celui permettant d’accéder à la gare de Meulan-Hardricourt. Conséquence fâcheuse : nous ne sommes plus vraiment sur le tracé du GR 2.

On retrouve le GR 2 à Oinville-sur-Montcient où le sentier, qui nous emmène de nouveau dans le Vexin, est particulièrement gadouilleux. Il faut faire attention à ne pas tomber car c’est très glissant par endroits.

Comme prévu, on quitte le sentier pour reprendre le train à la gare de Juziers. Bilan : 25,3 kilomètres de randonnée boueuse (l’état de propreté de nos pantalons et chaussures en témoigne) sans le moindre rayon de soleil sous une température maximale de quatre degrés. Avec un peu plus de luminosité, je suppose que les paysages ont encore plus à offrir. Par rapport à l’étape entre Sartrouville et Triel-sur-Seine, les portions en forêt sont plus nombreuses. A noter que le GR 2 s’éloigne de la Seine qu’on aura aujourd’hui à peine vue.

GR 2 : de Sartrouville à Triel-sur-Seine

Absorbée devant la carte de France des GR, j’ai récemment découvert le GR 2 qui relie Dijon au Havre. Le GR 2, parfois appelé Sentier de la Seine, suit le cours de ce long fleuve. Il permet notamment aux randonneurs de traverser l’Ile-de-France à pied sur plus de 260 kilomètres. Cette grande randonnée n’est cependant pas si bien documentée sur Internet, d’où l’investissement dans le guide intitulé la « Seine en Ile-de-France » édité par la fédération française de randonnée pédestre. Celui-ci est pratique car il donne des indications sur les directions à prendre, si les marcheurs venaient à perdre de vue les précieuses balises rouges et blanches, et fournit des informations sur les curiosités naturelles ou patrimoniales.

Pour cette première fois sur le GR 2, on décide de partir de Sartrouville, commune située à une station de RER de notre humble demeure. De la gare de Sartrouville, il faut trouver la Seine, ce qui est chose faite après quelques minutes de marche. Les premiers kilomètres ne sont pas les plus intéressants car on marche en bordure de route mais cela s’arrange à partir de la Frette-sur-Seine où le sentier nous emmène en sous-bois.

Nombreux sont les coureurs et vététistes en ce premier dimanche de janvier. Mieux vaut être bien couvert car la température ne dépasse pas les six degrés. Le soleil n’est pas franchement au rendez-vous, d’où la faible luminosité. On passe par les hauteurs de la Frette-sur-Seine où de très belles maisons bordent de paisibles ruelles.

La Seine n’est jamais loin même si le tracé du GR 2 n’est pas constamment accolé aux quais de Seine. J’apprends l’existence du mot « sente » qui signifie petit chemin ou sentier. A la Frette comme à Herblay, les sentes s’enchaînent !

Passé Herblay, nous voici à Conflans-Sainte-Honorine où le sentier continue le long de la Seine sur laquelle flottent de nombreuses péniches habitées. C’est d’ailleurs devant des péniches que nous mangeons nos sandwichs (faits maison, s’il vous plaît). Il faut dire que Conflans-Sainte-Honorine fut considérée comme une des capitales de la batellerie au XIXe siècle.

Parmi ces péniches, celle baptisée « Je sers » attire l’attention des badauds. Il s’agit, en effet, d’une chapelle fluviale ornée de croix et de panneaux informant sur les horaires des messes.

On arrive au confluent de l’Oise et de la Seine. La zone fait assez industrielle.

Le pont de Conflans sur l’Oise traversé, on arrive à Andrésy. On continue un peu trop loin sur les quais si bien qu’il nous faut faire demi-tour pour rejoindre le GR à côté de l’église d’Andrésy. Chanteloup-les-Vignes en vue, on prend la bien-nommé rue de Pissefontaine (que j’aime ce nom !) qui nous amène sur les hauteurs de la ville. On redescend sur Triel-sur-Seine où on tombe sur un marquage matérialisant la jonction de deux GR : le GR 1 (randonnée pédestre autour de Paris par les Yvelines et le Val-d’Oise de Porte Maillot à Nesles-la-Vallée) et le GR 2. La rue qui donne sur l’église Saint-Martin semble particulièrement calme, comme quoi même en Ile-de-France…

Après 25 kilomètres de randonnée (soit cinq heures passées à déambuler le long de la Seine), il est temps pour nous de mettre le clignotant et de nous garer sur le bas côté. Comme prévu, nous prenons le train à Triel-sur-Seine. Après un changement à Conflans-Fin-d’Oise, nous sommes de retour à la maison. Bilan : une portion somme toute agréable. Certes, ce n’est pas si beau que le GR 34 (je préfère la mer à la Seine) mais cela donne envie de poursuivre l’aventure !

GR 34 : de Pordic à Saint-Brieuc

GR 34 : l’aventure continue !

De retour en Bretagne le temps des fêtes, quoi de mieux que de mettre à profit une journée pour arpenter les sentiers de ce bon vieux GR 34 ? Pour cette étape d’une journée, on choisit de partir de Pordic et non de l’embarcadère pour l’île de Bréhat devant lequel nous nous étions arrêtés lors de l’épisode précédent (GR 34 : de Bréhec à l’Arcouest).

Le point de départ de cette sortie hivernale est donc le domicile parental situé à Pordic. Figurez-vous que, cette fois-ci, nous sommes trois ! A force de parler du GR 34 en des termes laudateurs, on est parvenu à convaincre une amie de se joindre à nous. Ainsi, le groupe de randonneurs est aujourd’hui composé de Panda 1, Panda 2 et Panda 3.

A 8 heures 35, le peloton composé de trois marcheurs s’élance de la rue Chateaubriand. Il fait tout juste jour et, pour tout dire, le froid se fait sentir car le mercure ne dépasse pas cinq degrés. Comme lors du tout premier épisode de la série GR 34 (GR 34 : de Pordic à Bréhec), on emprunte le petit chemin en bas de la rue qui descend vers la plage du Vau Madec. Par endroits, le sol est recouvert de boue, il a dû visiblement pas mal pleuvoir ces derniers temps. La petite plage de galets en vue, on prend le chemin de droite en direction de Plérin. Le ciel est enveloppé d’une légère brume matinale.

Il faut une demi-heure de marche pour rallier la plage du Petit Havre, bien connue des Pordicais pour sa descente assez abrupte depuis le parc de stationnement, en partant de la plage du Vau Madec.

Il est très agréable de marcher ce matin d’autant que les rayons du soleil commencent à percer. On arrive sur la plage de Tournemine et son école de voile. Encore un peu de marche pour atteindre les Rosaires, la grande plage de Plérin. Le sentier nous mène sur la digue où les promeneurs et coureurs sont nombreux en cette fin de matinée. On déboule ensuite sur Martin Plage avant d’attaquer la montée, peut-être la plus raide jusqu’à maintenant, pour déjeuner sur le parc de stationnement qui permet d’accéder à la pointe du Roselier. Après 3 heures 18 de marche est donc venue l’heure du casse-croûte. Il y a certes des bancs mais on préfère manger debout car ils sont toujours recouverts par la rosée du matin.

La pointe du Roselier offre un magnifique point de vue sur la baie de Saint-Brieuc. Le Roher-Martin, ornée de sa croix, y trône en contrebas. Sa surface semble être peinte en blanc, peut-être pour prévenir tout risque de collision avec les bateaux.

On redescend pour arriver droit sur la plage de Saint-Laurent parsemée d’une multitude de coquillages (c’est sans doute la raison pour laquelle elle ne fait pas partie des plus fréquentées du coin).

Le port du Légué est en vue ! Soyons francs, le chemin qui y mène n’est pas la portion la plus agréable du parcours car le sentier suit la route. Quoi qu’il en soit, le Légué est devenu, ces dernières années, un lieu assez branché grâce aux bars (le QG, le Mar’mousse) et restaurants ( la Vieille Tour, la Cantine Éphémère) qui y sont implantés. Il y a même une boite de nuit, le Magnifik.

C’est au sortir du Légué qu’on se trompe de chemin. Il faut dire que le marquage n’est pas des plus clairs. Il n’est pas évident de distinguer à cet endroit les balises blanches et rouges de leurs confrères jaunes et rouges. Le marquage jaune et rouge nous conduit donc dans la vallée de Saint-Brieuc. C’est dans cette ville, où j’ai passé mes années de collège et de lycée puis trois ans à la fac de droit, que nous nous arrêtons aujourd’hui. En effet, la portion du GR 34 à l’Est de Saint-Brieuc n’est, selon nous, pas des plus excitantes. On se demande si on ne va pas « tricher » et reprendre vers Pléneuf-Val-André la fois prochaine, à moins qu’on décide de continuer le GR direction Ouest, à l’embarcadère pour l’île de Bréhat où nous nous étions interrompus la dernière fois.

Bilan de séance : on aura marché 21 kilomètres aujourd’hui entre 08 heures 35 et 14 heures 48 (c’est précis) avec une demi-heure de pause déjeuner et quelques petits arrêts boissons et en-cas.

Avant de clore cet article, je voudrais partager ici une adresse au cas où des randonneurs, désireux de cheminer le long du GR 34, chercheraient un hébergement. Entre les chambres d’hôte, hôtels et annonces Airbnb, les offres de service ne manquent assurément pas néanmoins, si mon avis vous intéresse, je recommande chaleureusement cette annonce Airbnb : https://www.airbnb.fr/rooms/17601078?location=Pordic&adults=1&guests=1&s=fBPYAyvT. La maison, qui appartient à des amis de ma famille, est en effet facilement accessible depuis le GR 34 (vos hôtes vous expliqueront à merveille comment rejoindre le sentier). La chambre est agréable et le petit-déjeuner copieux !

Jeu : saurez-vous repérer les balises ?

Percé et son rocher

Cette dernière nuit sous la tente restera gravée comme celle où on a eu le moins froid. La tente n’est même pas mouillée au petit matin et est par conséquent plus facile à plier et à ranger dans son sac. Il fait beau donc on prend le petit-déjeuner sur la table en bois de notre emplacement. On fait un dernière rando dans le parc avant de quitter les lieux. Le sentier débute à Penouille et est très simple (pas de dénivelé, quarante minutes en marchant bien).

On prend la route de Percé, ville célèbre pour son rocher. Il y a sans doute moyen de stationner gratuitement quelque part dans cette localité très touristique mais nous on a payé 9 dollars pour 24 heures (c’était soit ça soit une demi-heure gratuite, durée évidemment insuffisante pour visiter la ville). On déjeune au Fournand, boulangerie qui propose des salades, croques et pizzas. Un bon rapport qualité-prix selon moi. Par contre, le serveur était un peu à l’ouest dans le sens où j’ai demandé un croque-madame puis répété que c’était bien un croque-madame et non monsieur, comme cela s’affichait sur la caisse, pour finalement hériter d’un croque-monsieur !

On admire le Rocher Percé depuis le belvédère du Mont-Joli. Le dit Rocher est guetté par l’érosion si bien qu’il pourrait ne plus exister d’ici 300 ans !

La ville de Percé est truffée de boutiques de souvenirs. Pour ma part, j’achète un shampoing solide et des boucles d’oreilles dans une boutique d’artisanat local. Les routards relèveront la présence d’un lavomatic à côté du restaurant Mille Délices.

On met le cap sur l’Anse-à-Beaufils et son magasin général historique authentique de 1928. Entrer dans ce lieu, c’est comme un voyage dans le temps, entre 1928 et 1970, à la découverte d’un de ces magasins où l’on trouvait de tout : des vêtements, de l’équipement pour la maison sans oublier l’épicerie et des médicaments. Les conteurs retracent l’histoire de la pêche à la morue en Gaspésie et parlent avec passion d’objets aujourd’hui disparus. La visite est aussi intéressante que drôle. L’entrée coûte 12 dollars.

Ce soir, nous logeons à Port-Daniel-Gascons, localité située à environ une heure de route de Percé. Notre maison d’hôte répond au doux nom des Acres Tranquilles. Avec son grand jardin, le cadre est en effet des plus reposants. La décoration de la maison est d’un style assez ancien mais la propreté de la chambre est impeccable. Notre hôtesse nous suggère de dîner à l’Etale, un des seuls restaurants ouverts à proximité. L’endroit a tout l’air du bon vieil établissement familial sans chichi. La salle est bondée en raison, selon une cliente qui nous tape la discut’ à l’entrée, d’une exposition de peinture qui vient de s’achever. On nous apporte une soupe à la tomate pour patienter. Entre les mets canadiens et italiens et les spécialités à base de fruits de mer, la carte est un peu pléthorique mais les plats ne sont pas mauvais.

De retour au gîte, on discute avec notre hôtesse qui parle le français du Québec avec une pointe d’accent anglais. Irma est, en effet, Canadienne anglophone. Elle nous explique qu’il y avait autrefois bien plus d’Anglophones qu’aujourd’hui dans la région (c’est sans doute la raison pour laquelle on lit beaucoup de noms anglophones dans les cimetières traversés lors de nos promenades en bord de mer). Il neige beaucoup l’hiver cependant le déneigement des routes semble s’effectuer de manière très efficace car en vingt ans Irma n’a été empêchée qu’une seule fois de se rendre à son travail !

Au parc national de Forillon

Après trois nuits consécutives sous la tente, dormir dans un vrai lit est particulièrement salutaire, d’autant plus quand tu sais que tu recampes dès le lendemain ! A l’Amarré, le petit-déjeuner est inclus dans le prix (60 euros pour une chambre double). Il est simple mais bon.

Il faut environ deux heures de route pour atteindre le parc national Forillon. Avant de pénétrer dans ce haut-lieu, l’objectif ultime est de trouver un supermarché pour se ravitailler, ce qui n’est guère simple tellement les villes traversées sont petites. On trouve finalement une supérette aux environs de Petit-Cap-Gaspé. On tombe un peu plus loin sur un magasin un peu plus grand mais visiblement ce type d’établissement ne court pas les rues. Arrivés au parc, on règle les droits d’admission (10,95 dollars pour deux adultes). Contrairement aux deux parcs précédemment visités, Forillon n’est pas géré par la Sépaq mais par Parcs Canada. Les droits d’admission ne sont réglables que sur place même si l’emplacement a été payé en ligne (à savoir, 24 euros).

La voiture garée sur l’emplacement, on part en rando sur le magnifique sentier côtier des Grèves qui mène au cap Gaspé. Le chemin alterne entre vues à pic sur la mer et sous-bois.

Ici, la Gaspésie ressemble par endroits à la Bretagne. Cette randonnée est d’autant plus agréable que nous sommes aujourd’hui gratifiés d’un temps superbe avec des températures supérieures aux normales saisonnières. Le sentier des Grèves fait partie du sentier international des Appalaches qui doit donner bien du plaisir aux marcheurs. Le phare rouge et blanc marque le cap Gaspé. L’endroit a des airs de bout du monde, j’aime beaucoup ! Un escalier en bois vous emmène encore plus loin.

Le cap Gaspé marque le kilomètre zéro du sentier international des Appalaches (SIA pour les intimes). Une borne commémore le départ du chemin qui relie le Québec au Maine. La partie québécoise du SIA est même répertoriée comme le GRA1 par la fédération française de randonnée ! Je ne sais comment nos compatriotes ont réussi à s’immiscer dans cette affaire à exporter ainsi la marque GR.

On prend un chemin un peu différent pour le retour, ce qui nous permet de faire l’heureuse rencontre d’un porc-épic en train de prendre son repas sur le bas côté du sentier.

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La rando terminée (une petite vingtaine de kilomètres en tout), on se rend à l’animation « le castor et son habitat » organisée gratuitement par le parc. Force est de constater que nous sommes loin d’être les seuls à tenter l’aventure car nous devons être une bonne soixantaine de personnes à suivre les explications du guide. On apprend plein de choses sur le castor, un des plus gros rongeurs des Amériques, dont le poids peut atteindre 40 kilogrammes. On a la chance d’observer quelques spécimens, leur agilité dans l’eau est impressionnante.

Le guide nous confie que l’heure et l’endroit sont également propices à l’observation des orignaux mais ce soir le grand cervidé ne montrera pas le bout de son nez.

Il est l’heure de monter une dernière fois la tente et de « cuisiner » des raviolis à l’aide du réchaud. Les installations du parc Forillon sont très propres et en parfait état. A côté des sanitaires trône une très belle salle commune agrémentée d’un poêle. Les douches sont gratuites et non limitées à quatre minutes. Pour tout dire, c’est avec une pointe de nostalgie que nous nous apprêtons à passer notre dernière nuit sous la tente.

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Au parc national de la Gaspésie

Première nuit au parc national de la Gaspésie où nous sommes arrivés hier en fin de journée ! Je ne vais pas vous le cacher, on a eu froid sous la tente. Je crois que les duvets fournis par Frère sont un peu légers pour les températures nocturnes gaspésiennes. De notre emplacement, on entend clapoter l’eau de la rivière mais également les véhicules circulant sur la route attenante. Les blocs sanitaires sont un peu moins propres que ceux du part national du Bic (je chipote, c’est pas mal quand même !). Les douches fonctionnent de la même manière qu’au Bic, il faut donc se munir de quatre pièces à l’orignal.

On se lève tôt pour partir en rando. Ce ne sont pas les sentiers qui manquent au parc national de la Gaspésie si bien qu’il n’est guère aisé de désigner l’heureux élu ! Nous optons finalement pour le tour du mont Albert. Au début du sentier, des forêts aux innombrables arbres défilent sous nos yeux.

« Un petit effort et bientôt, ce sera le sommet. Mon corps n’a pu s’y rendre mais mon esprit vous y accompagnera à jamais. Ces plaisirs des yeux, à vous de les prendre ». En lisant cette très belle phrase de Serge Ouellet (mes recherches sur l’identité de ce monsieur sont restées infructueuses), on se dit que le sommet n’est plus très loin et surtout que la vue doit valoir le coup ! Un peu plus de deux heures après notre départ, on arrive sur un des sommets du mont Albert qui culmine à 1088 mètres d’altitude (car le sommet du mont Albert est en fait un plateau qui comprend deux sommets).

Niveau faune, on aperçoit des écureuils, des oiseaux qui ressemblent à des poules et même un caribou (de loin, certes, mais c’est le clou du spectacle).

On déjeune à l’abri de la Serpentine situé aux deux tiers du parcours. La descente est ensuite très caillouteuse. La végétation se fait parfois rare et vu qu’il fait limite chaud aujourd’hui, la crème solaire et les lunettes de soleil ne sont pas de trop sur cette partie du parcours.

Des randonneurs nous apprennent que nous avons manqué une femelle orignal accompagnée de son petit. Pas facile d’être toujours là au bon moment ! Quoi qu’il en soit, au aura mis sept heures et demi pour venir à bout du tour du magnifique Mont Albert, répertorié niveau expert par le dépliant des randos.

Après l’effort, le réconfort, à savoir le wifi du centre de découverte et de services ! Je m’offre une gourde en inox estampillée Sépaq (l’organisme qui gère les parcs nationaux du Québec). De retour au campement, on prend une douche. La fille, qui occupe la cabine à côté de la mienne, a payé la sienne trois dollars. Menu du soir : nouilles instantanées.

Comme hier, la température baisse pendant la nuit. Malgré le collant qui recouvre mes jambes, je suis plusieurs fois réveillée transie de froid. Pour nos dernières heures au parc national de la Gaspésie, on choisit une dernière rando et le mont Xalibu nous semble le parfait candidat. Moins difficile que le mont Albert, la dernière partie de l’ascension est cependant assez rocailleuse. On déjeune au sommet qui culmine à 1120 mètres. Il fait nettement plus froid à cette altitude, la faute au vent.

Le sentier nous fait passer devant le lac aux Américains. Quand il fait soleil, la vue sur celui-ci est absolument magnifique.

On termine la rando en 4 heures 40. Étant donné qu’il est encore assez tôt, on décide d’entreprendre une deuxième randonnée, celle du mont Ernest Laforce. Plus simple (car de niveau intermédiaire) que les deux précédentes, elle mène sans surprise au mont Ernest Laforce qui culmine à 820 mètres d’altitude.

Ce très beau sentier est réputé être l’endroit idéal pour admirer des orignaux, animaux qui ne sont malheureusement pas de sortie aujourd’hui. Sans doute faut-il se lever tôt le matin pour avoir la chance d’en apercevoir. Une heure dix plus tard, nous sommes de retour au point de départ.

On fait une petite pause toilettes et wifi au centre de découverte et de services avant de prendre la route pour notre auberge du soir située à Mont-Louis. Le trajet jusqu’à l’Amarré nous prend un peu plus d’une heure. La route littorale que nous avons empruntée offre des vues magnifiques sur la mer. L’Amarré est en fait un café-restaurant qui abrite également quelques chambres à l’étage. La nôtre, bien décorée et confortable, donne sur la mer. On nous permet gentiment de lancer une machine à laver, ce qui est fort appréciable car les vêtements sales s’accumulent.

On dîne à l’Amarré. Le bol de poke au saumon est très réussi. Le restau semble être l’endroit où il faut être ce soir à Mont-Louis car un concert s’y déroule et c’est plein à craquer !

Le parc national du Bic sous le soleil et les jardins de Métis

La première nuit sous la tente s’est plutôt bien passée. On n’a pas eu trop froid (un peu quand même), on s’est rendu compte au matin qu’un côté de la tente, moins bien monté que l’autre, laissait passer de l’air. Après avoir avalé du yaourt aux myrtilles et du pain agrémenté de confiture à la mûre en guise de petit-déjeuner, nous sommes parfaitement opérationnels ! La douche matinale coûte un dollar (seulement payable en pièces de 25 cents) et dure quatre minutes. Les premières secondes mises à part, l’eau est chaude. Un bouton permet de suspendre le chronomètre le temps du savonnage.

Un peu frustrés par la brume d’hier, on repart en rando tôt ce matin en direction du pic Champlain. Pour rejoindre le sentier y menant, il faut d’abord emprunter celui de la Colonie qui passe juste à côté de notre emplacement. Au sommet du pic Champlain, la vue est magnifique.

Après une heure et demi de promenade, on démonte la tente avant de prendre la route. On s’arrête au Subway de Rimouski pour avaler un sandwich. Ce n’est pas qu’on soit particulièrement fans de cette chaîne mais elle a l’avantage d’être peu dispendieuse et présente à l’entrée de chaque ville.

De Rimouski, il faut une heure pour atteindre les Jardins de Métis dont je vous recommande chaleureusement la visite. On découvre des jardins très différents les uns des autres dans ce « lieu historique national ». L’exposition consacrée à Elsie Reford, créatrice de ces jardins, est très intéressante. On y découvre également le festival international des jardins et ses créations plus contemporaines. L’entrée coûte 20 dollars.

Nous mettons désormais le cap sur le parc national de la Gaspésie. Depuis les Jardins de Métis, deux heures de route sont nécessaires pour pénétrer dans ce haut-lieu. Au centre des visiteurs, l’accueil  est très sympathique. On nous explique notamment que l’ours brun craint davantage l’homme que le grizzli et que l’orignal, « cheval tranquille », reste souvent caché lorsque les températures sont supérieures à 15 degrés. On demande quelques conseils à Guy pour le réchaud et nous comprenons que nous n’avons pas acheté la bonne cartouche de gaz. Heureusement, le centre des visiteurs vend des bonbonnes adaptées à notre matériel ! L’emplacement pour deux nuits (réservé et payé en ligne) nous a coûté 75 euros.

Nous faisons réchauffer avec succès une boîte de raviolis. Entre ce fait d’armes et la tente montée rapidement (et sans trou d’air !), nous avons peut-être obtenu aujourd’hui notre premier niveau du brevet de campeur !

GR 34 : de Bréhec à l’Arcouest

Trois jours de vacances en Bretagne, voilà une occasion trop belle de poursuivre notre périple GR 34 ! Le départ est donné à 8 heures mais encore faut-il rouler 35 minutes pour atteindre le point où nous nous étions arrêtés la fois dernière. On retrouve facilement ce fameux endroit à la sortie de Bréhec. Il fait un temps absolument magnifique en ce jour de fête nationale et de veille de finale de coupe du monde. On ne croise pas grand monde sur le sentier mis à part quelques coureurs.

On arrive assez vite à la pointe de Minard et les vues sur la mer sont splendides; il faut dire que les rayons du soleil magnifient la couleur de l’eau. On fait une petite pause à Port Lazo, havre de paix pourvu de toilettes, très propres de surcroît.

Le sentier est très bien balisé mais, à un moment donné, on a dû visiblement louper les bandes blanches et rouges car on se retrouve en pleine forêt (heureusement que je porte un collant de rando car les ronces et les orties, ça pique !).

Pas de panique, on retrouve rapidement le chemin sacré. On déjeune entre Kervor et Sainte-Barbe sur une table de pique-nique intelligemment posée face à la mer avec une petite plage en contrebas. Que demander de plus ?

Après cette pauses salutaire, cap sur la très belle abbaye de Beauport. Fondée en 1202, cette bâtisse est un témoin majeur de l’architecture religieuse du nord de la Bretagne. Il est possible de la visiter moyennant six euros mais, si vous n’en avez ni le temps ni l’envie, la vue depuis le sentier associée à un tour de l’extérieur du bâtiment donne déjà un bel aperçu. Je l’ai déjà visitée par le passé, il faudrait que j’y retourne car je n’ai plus qu’un vague souvenir des espaces intérieurs. L’abbaye est célèbre pour être le point de départ d’un chemin menant à Saint-Jacques de Compostelle (une idée pour un futur trek ?).

On longe ensuite des endroits assez marécageux. La mer est basse, ce qui donne parfois un aspect lunaire aux paysages.

Paimpol et son port se profilent. Beaucoup de monde en ce 14 juillet sur les terrasses des bars et restaurants.

Le sentier se poursuit entre forêt et côte. La mer est vraiment loin, elle ne devrait pas être pleine avant 21 heures. 34e nous emmène ensuite à Ploubazlanec puis à Porz Even. Finalement, on met un peu moins de temps pour y arriver qu’indiqué sur le guide. Notre bible est un petit livre édité par la fédération française de randonnée qui suit, étape après étape, une partie du GR 34 entre les Côtes d’Armor et le Finistère. Ce livre est très bien fait et donne de nombreux conseils pour l’hébergement et les transports.

Les amateurs d’hortensias seront servis car ces belles fleurs parsèment les chemins.

Lentement mais sûrement on arrive à l’Arcouest, notre objectif du jour. Il est 17 heures et nous touchons au but après 32,4 kilomètres parcourus. L’Arcouest est célèbre dans le département pour être l’embarcadère pour l’île de Bréhat dont je vous recommande chaudement la visite. Les parents de Panda 2 viennent nous chercher et nous déposent à Bréhec où nous récupérons la voiture.

Que retenir de cette étape du GR 34 ? Le parcours est assez roulant et donc pas des plus ardus. Les 32,4 kilomètres se sont faits sans encombre. En comparaison, notre première étape Pordic / Plouha était plus difficile. Les points de vue sont certes superbes mais le parcours est un peu moins agréable que lors de nos première et deuxième étapes car les portions sur le bitume sont plus nombreuses. Nous avons été gratifiés par un temps optimal : aucun nuage dans le ciel, on ne pouvait rêver mieux ! Question équipement, j’ai remisé au placard les chaussures portées la dernières fois qui m’avaient fait très mal aux pieds et opté pour une antique paire de moyenne montagne (qui a connu ses heures de gloire en Alsace). Pari gagnant, aucune gêne à signaler. Pour le sac à dos, j’ai sorti le bon vieux Millet de 30 litres des familles qui m’a une nouvelle fois apporté entière satisfaction. Vivement la suite de l’aventure sur le GR !

Jeu : à vous de repérer les balises !

GR 34 : de Pordic à Bréhec

Tu peux voyager de par le monde, de São Paulo à Hong Kong, mais rien ne te fascine autant que la côte bretonne

Une fois n’est pas coutume, Fabuleux Détour vous emmène en France, plus particulièrement en Bretagne, ma belle région natale. Si je suis née et j’ai grandi en terres bretonnes, je ne prétends pas en connaître tous les recoins, loin de là. Alors pourquoi ne pas profiter d’un pont de mai pour arpenter les chemins du célèbre GR 34, plus connu sous le nom de sentier des douaniers ?

Je ne pense pas me tromper en écrivant que tous les Bretons, particulièrement ceux qui habitent sur la côte, se sont un jour promenés le long du sentier des douaniers. Le GR 34 ne m’est donc pas totalement étranger mais ma connaissance se limite à quelques courtes portions, ce qui explique peut-être mon excitation à la veille d’entreprendre une randonnée plus conséquente sur ces chemins. Nous allons, en effet, partir de Pordic (ville où habitent nos parents) pour gagner, dans un premier temps, Plouha où nous passerons la nuit avant de continuer le lendemain notre chemin le plus loin possible. Bref, tout un programme et je me sens presque aussi exaltée que dans les heures précédant un départ pour l’autre bout du monde !

On fait nos sacs en prenant soin d’empaqueter les provisions généreusement fournies par nos familles respectives et, à 08 heures 30, nous voilà dans ma rue prêts à partir ! On prend le petit chemin en bas de la rue Chateaubriand à Pordic. Pour le repérer, cherchez l’Ic ou plutôt entendez-le ruisseler. On descend donc par ce sentier sensé nous emmener vers les chemins du GR 34. Pour tout dire, nous ne sommes pas sûrs, au début, d’être dans la bonne direction car plusieurs sentiers, notamment équestres et de VTT, s’entrecroisent. Heureusement, on arrive assez vite sur la plage du Vau Madec (plage de galets inaccessible par la route), ce qui est plutôt bon signe car le GR 34 est un chemin côtier. Et, en effet, on tombe nez à nez avec une première balise !

Tous les signaux sont donc au vert et l’aventure peut vraiment commencer ! De Pordic, on peut également rejoindre le GR 34 en partant de la Pointe ou de la plage du Petit Havre. Après quelques centaines de mètres de marche, on distingue déjà bien Binic et ses plages, qui font l’été le bonheur des baigneurs (car se baigner en Bretagne à la belle saison ne relève pas de l’impossible). On traverse le port autour duquel trônent cafés, restaurants et boutiques. Envie d’une glace ? Arrêtez-vous chez Morice, sans doute un des meilleurs glaciers de la côte.

On monte les marches situées en face du phare (pas d’inquiétude, le tracé du GR est très bien balisé) et c’est là qu’on rencontre d’autres randonneurs. Nous sommes tous gâtés car il fait un temps superbe pour marcher, le soleil étant aujourd’hui au rendez-vous (comme quoi, il  ne pleut pas tout le temps en Bretagne !), ce qui rend la côte encore plus lumineuse. Les plages défilent sous nos yeux. Je reconnais celles des Moulins et des Godelins sur la commune d’Etables-sur-Mer où je suis souvent allée enfant.

C’est d’ailleurs à Etables que nous cassons la croûte. Il n’est certes pas encore midi mais la rando, ça ouvre l’appétit ! Après une bonne heure de marche, nous atteignons Saint-Quay-Portrieux. On passe devant le casino et l’Etrier, boîte de nuit où je suis parfois allée danser.

On déboule ensuite sur Tréveneuc puis sur la plage du Palus. Si je connaissais ces lieux de nom, j’avoue ne pas me souvenir de les avoir beaucoup fréquentés ou tout du moins de les avoir vus sous cet angle.

La dernière partie de notre étape du jour consiste en la traversée des falaises de Plouha, les plus hautes de Bretagne, et il s’agit sans doute de la portion la plus physique car le terrain monte davantage et le sentier est parfois très étroit.

Nous touchons au but ! Il est 17 heures 30, nous sonnons à la porte de la maison d’hôte Ty Jo dans laquelle nous avons réservé une chambre via Airbnb. Elle est située à une vingtaine de minutes de marche du sentier. En tout, on aura marché trente kilomètres et, soyons honnêtes, nos pieds nous le font bien sentir. Mes chaussures me font souffrir (et ce depuis ce matin) et Panda 2 est en délicatesse avec un tendon au niveau du genou. Ces considérations physiques passées en revue, revenons-en à la maison Ty Jo ! L’accueil est charmant, Joëlle est aux petits soins pour les visiteurs. Nous occupons une des trois chambres qui sont toutes équipées d’une salle de bain et de toilettes.

On prend l’apéro avec Joëlle et les autres clients avant de nous mettre en marche vers le restaurant que nous avons réservé. Il s’agit du Domaine de Keravel (lieu-dit la Trinité à Plouha), à quelques minutes de marche de notre lieu de villégiature. Le restaurant est établi dans un charmant manoir. La salle est admirablement bien décorée avec cette grande bibliothèque qui donne, de surcroît, de belles idées de lecture. Le menu est minimaliste : deux entrées, deux plats, deux desserts. La formule entrée-plat-dessert coûte trente euros. La cuisine est bonne (j’ai eu un petit coup de cœur pour l’entrée, les tomates mozzarella revisitées) mais ce n’est peut-être pas le meilleur rapport qualité prix du département.

Après une bonne nuit de sommeil réparateur, le petit-déjeuner concocté par notre hôtesse nous attend dans la salle à manger. On se régale avec les crêpes préparées à la demande qui sont excellentes (il faut dire que Joëlle a par le passé tenu un restaurant). A 9 heures 45, nous larguons les amarres avec dans nos sacs des sandwichs que Joëlle nous a généreusement laissé préparer avec du pain et du jambon. Le petit port de Gwin Zegal est notre premier arrêt. Ce site est peut-être un des plus beaux des Côtes d’Armor, la couleur de l’eau est magnifique.

La mer a de si beaux reflets turquoises qu’on se croirait presque sous d’autres latitudes.

J’aime beaucoup la plage Bonaparte, haut-lieu de la Résistance bretonne. Pendant la seconde guerre mondiale, le réseau Shelburn aida plus d’une centaine d’aviateurs britanniques à regagner leur île. Les aviateurs étaient regroupés dans la petite maison construite sur un rocher avant leur départ pour l’Angleterre.

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On continue tant bien que mal car mes pieds commencent à me faire drôlement souffrir. Je n’aurais pas dû mettre ces chaussures de marche Décathlon très basses visiblement trop étroites pour marcher sans douleur sur une longue distance et choisir à la place ma paire plus montante et plus large de moyenne montagne (celles de haute montagne étant peut-être trop lourdes pour ce type de terrain)… Ces petites tracasseries n’enlèvent cependant rien à la beauté des paysages.

On passe par la plage de Bréhec située sur la commune de Plouha (qui est très étendue).

Le GR 34 se poursuit sur la route et là il faut bien se rendre à l’évidence, je marche de plus en plus lentement… Le plus frustrant, c’est que les pieds mis à part, je tiens le coup ! La mort dans l’âme, nous appelons les parents de Panda 2 pour qu’ils viennent nous chercher. Comme nous l’avions dit au début de cette aventure, nous sommes allés le plus loin possible mais nous espérions tout de même arriver un peu plus près de Paimpol. Physiquement, cette deuxième journée est un peu plus difficile que la première, la faute à un terrain plus vallonné. Malgré cette petite déception, cette portion du GR 34 est absolument magnifique.

Pour finir, voici quelques conseils à l’attention de ceux ou celles qui voudraient découvrir la Bretagne à pied :

  • prévoir un pantalon plutôt qu’un short car les sentiers sont parfois étroits et parsemés de ronces et d’orties. Avoir les jambes couvertes peut donc prévenir quelques désagréments.
  • se munir d’une bonne paire de chaussures (pas comme moi !).
  • en haute saison, réserver les hébergements à l’avance.
  • acheter une carte n’est pas forcément nécessaire car le sentier est très bien balisé et les applications du téléphone portable permettent de savoir où on en est.
  • emporter de la crème solaire car déjà il ne pleut pas constamment en Bretagne et ensuite ce n’est pas parce que le soleil est voilé que ses rayons ne passent pas.
  • pour parer à toute éventualité, ne pas oublier le petit blouson imperméable qui va bien.
  • prévoir un rouleau de papier toilette car si des trônes publics sont disséminés tout au long du parcours le PC n’est pas toujours au rendez-vous.
  • suivre les balises blanches et rouges mais je ne m’en doute pas, vous deviendrez rapidement des pros !

Jeu : à vous de repérer les balises !