Seljord : le lac et le mont Bjørge

Il a dû pleuvoir toute la nuit. Heureusement, nous étions bien à l’abri dans notre cabane (presque au fond du jardin) et c’était même agréable d’entendre la pluie tomber. Les matelas sont confortables, franchement on a bien dormi. On mange deux petits biscuits avant d’aller faire des courses au supermarché pour pouvoir ensuite profiter d’un petit-déjeuner plus conséquent.

On part ensuite faire une rando décrite sur Internet. Le chemin est cependant moyennement bien balisé donc on se perd un peu et on ne tombe pas sur la cascade promise.

Qu’importe, cette sortie nous permet de découvrir un peu plus le Telemark, région où l’agriculture semble occuper une place de choix dans l’activité économique au vu du nombre de tracteurs garés devant les granges. Les rayons du soleil font leur apparition et, évidemment, c’est tout de suite plus agréable. On casse la croûte sur un banc non loin de l’adorable église de Seljord.

Pour profiter au mieux du temps magnifique dont nous sommes gratifiés en cette dernière après-midi norvégienne (on a même enlevé les manteaux, c’est dire !), on décide d’entreprendre une randonnée un peu plus sportive, j’ai nomme l’ascension du mont Bjørge. Force est de constater que certaines portions sont assez abruptes. Le dénivelé est, en effet, important avec un départ à 112 mètres d’altitude pour une arrivée à 887 mètres. En raison de l’heure assez avancée, on ne monte pas jusqu’au sommet mais jusqu’à l’avant-dernier point de vue qui offre déjà un beau panorama sur Seljord.

La descente n’est pas aussi compliquée que prévu néanmoins il faut faire attention car les pentes peuvent être raides. On aura mis un peu moins de deux heures et demi pour monter et une heure de moins pour revenir au point de départ de la rando. Il est pas loin de 21 heures quand nous rentrons dans notre cabane. 29,9 kilomètres aujourd’hui, ce qui constitue un record pour ce séjour ! On se fait cuire les raviolis achetés ce matin en guise de dernier dîner sur le sol norvégien.

Moslifjellet et retour à Stavanger

A l’auberge de jeunesse de Preikestolen, le couvre-feu est fixé à 23 heures et force est de constater qu’il est parfaitement respecté. Notre chambre doit mesurer 7 mètres carrés mais on y a très bien dormi. Les lits en bois ne grincent pas, ce qui contraste avec les plumards en métal que nous avons connus jusqu’ici. Après la douche, direction la salle du petit-déjeuner. Nous ne savions pas que celui-ci était inclus dans le prix et ce fut une excellente surprise quand nous l’avons appris hier. Ce petit-déjeuner est un régal, mention spéciale au saumon fumé et aux différentes sortes de pain. Revigorés, on retourne dans la chambre pour une double raison : attendre que la pluie se calme (ce qui, selon la météo, devrait bientôt se produire) et regarder le quart de finale du double dame junior des championnats de France jeunes de badminton que dispute une fille de notre club ! Vers 10 heures 30 (heure à laquelle les chambres doivent être libérées), on va payer (722 NOK) et on en profite pour se renseigner sur les randonnées. On nous en recommande deux (le tour du lac et l’ascension du Moslifjellet) mais on nous incite à attendre que le ciel se dégage avant de partir à l’aventure.

Vers 11 heures 45, le départ est donné. On suit le sentier qui mène à Moslifjellet. Il est un peu plus difficile (moins long cependant) que Preikestolen. Il y a pas mal de vent et, manque de bol, la pluie fait un retour fracassant… Ajoutez à cela le fait que le sentier est recouvert de pierres sur lesquelles l’eau de la rivière coule et vous comprendrez pourquoi le terrain est glissant (sachant que les racines des arbres sont dans doute les pires traitresses). On arrive tant bien que mal au sommet où l’on ne distingue pas grand chose tellement le ciel est couvert.

On redescend prudemment, l’objectif est d’aller se sécher à la cafétéria. On y mange du pain, du fromage et du jambon ramenés de Stavanger ainsi qu’une part de gâteau au chocolat et deux gaufres achetées pour 113 NOK à la cafétéria. On arrive un peu en avance pour prendre le bus de 15 heures 50 et heureusement car celui-ci part dix minutes plus tôt que l’horaire prévu. Après 45 minutes de ferry, nous sommes de retour à Stavanger.

Ce soir, nous dormons au Radisson Blu Atlantic de Stavanger. Cet établissement est évidemment bien au-dessus de nos standards habituels mais il n’était pas beaucoup plus cher que d’autres hôtels et surtout nous voulions un bon petit-déjeuner des familles avant la journée dans les transports du lendemain. La chambre est spacieuse, rien à voir avec celle où nous avons dormi la nuit précédente. Elle est équipée d’une grande télé, parfait pour regarder la finale de la Ligue des champions !

Vers 19 heures, on va dîner au Døgnvill (Skagen 13), restaurant de burgers qui ne semble pas désemplir. Le « royale with cheese » est plutôt pas mal. On accompagne nos burgers de bières et de délicieuses frites de patates douces. En tout, on paye 644 NOK. Rentrés au Radisson, on décide de profiter des équipements de l’hôtel en allant transpirer dans le sauna. Celui-ci ne nous a cependant pas semblé très chaud. Il faut dire que l’eau versée sur les pierres ne produisait pas le bruit habituel.

Preikestolen ou le rocher le plus célèbre de Norvège

Un peu avant 08 heures 30, on quitte la chambre direction le supermarché situé juste à côté pour acheter quelques victuailles. Il est temps de prendre le ferry pour Tau d’où nous monterons dans un bus pour Preikestolen. Nous avons acheté les billets sur le site Internet de l’agence Go Fjords pour 84 euros pour deux aller / retour. Attention, le bateau part du port des ferrys et non de là où sont amarrés les paquebots de croisière. Ne vous fiez pas au panneau Nordled installé à cet endroit. C’est pourtant dans ce piège que nous tombons, nous nous en rendons compte assez vite mais nous loupons le bateau de 09 heures. Pas de panique, Go Fjords vient de passer aux horaires d’été si bien que la liaison en bus sera assurée à l’arrivée du bateau de 09 heures 45. C’est donc dans celui-ci que nous embarquons. Cette promenade sur l’eau est l’occasion d’admirer, une fois encore, le sens de l’organisation des Norvégiens pour faire monter voitures, camions, motos et piétions sur les ferrys. La traversée jusqu’à Tau dure environ 45 minutes, ce qui fait de ce ferry celui dans lequel nous serons restés le plus longtemps. Un bus nous attend juste devant l’embarcadère. En trente minutes, il nous amène au point de départ de la célèbre randonnée de Preikestolen. Avant de cheminer le long de ce sentier, on dépose nos sacs à l’auberge de jeunesse où nous avons réservé pour la nuit (800 NOK, petit-déjeuner inclus).

On enfile nos chaussures de rando et c’est parti ! Force est de constater que nous sommes loin d’être les seuls sur le sentier ! Il y a même des embouteillages par endroits. Une chose est sûre, cette randonnée n’est pas très difficile, pour preuve de très jeunes enfants sont de la partie. De façon étonnante, nos amis les chiens sont nombreux à arpenter le chemin. Visiblement, les Norvégiens apprécient particulièrement amener Médor en randonnée.

On pique-nique en route comme le font la plupart des randonneurs. Il fait aujourd’hui un temps magnifique et les paysages en sont d’autant plus beaux.

En tout, on met à peu près deux heures pour parvenir au fameux rocher fissuré sur lequel tout le monde se précipite pour prendre des photos. Il faut dire que, du haut des 604 mètres du rocher, la vue sur le Lysefjord est splendide. Je n’ose cependant pas trop m’approcher du bord comme le font certains.

Il est possible de continuer un peu plus haut (le chemin est balisé par des T rouges peints sur les pierres), ce qu’on fait. Il faut « escalader » des pierres mais rien d’insurmontable. La vue du sommet est magnifique mais sur tous les gens qui viennent à Preikestolen, ceux qui montent jusqu’en haut semblent être minoritaires.

C’est sur cette partie que nous rencontrons un couple de Français avec qui nous discutons un moment avant de redescendre tous ensemble vers le point de départ. Il est 17 heures passées, nous en avons terminé avec cette randonnée de toute beauté. En tout et pour tout, on aura marché 16 kilomètres. On n’aura eu froid aujourd’hui, loin de là. Je m’étais sans doute habillée un peu trop chaudement. Un t-shirt à la place de la sous-couche polaire à manches longues aurait sans doute été préférable.

La clé de la chambre récupérée, on y prend nos quartiers. Elle est très petite et équipée de deux lits superposés ainsi que d’un lavabo. Le wifi y fonctionne plutôt bien. On se fait des pâtes dans la cuisine commune, très bien équipée, située dans le chalet adjacent (il y a en tout trois baraquements). Il est possible de manger au restaurant de l’accueil à condition d’avoir réservé. Le chalet, dans lequel nous sommes installés, abrite en son rez-de-chaussée une chaleureuse salle commune aux nombreux livres et qui offre une vue plongeante sur le lac. On y trouve également une maquette sur laquelle est représenté le sentier menant au célèbre rocher.

Bergen: Bryggen, KODE 4 et Mont Fløyen

Le jour est déjà levé depuis plusieurs heures sur Bergen quand nous nous mettons en route en ce début de matinée non sans avoir avalé quelques tartines. A la base, il n’était pas censé pleuvoir mais nous ne pouvons que constater que des gouttes tombent du ciel. Pas de quoi nous arrêter cependant ! Nos premières déambulations nous permettent de découvrir quelques beaux endroits.

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, le quartier historique de Bryggen est sans doute l’endroit le plus célèbre de Bergen avec ses maisons colorées autour du port.

Après un passage par la tour Rosenkrantz et par la salle de cérémonie du roi Hakon, on s’installe sur une table d’une échoppe au marché du poisson car la pluie redouble d’intensité. Tous les commerçants proposent à peu près les mêmes types de produits, c’est à celui qui interpellera le plus fort le chaland. De nombreux vendeurs sont originaires du Sud de l’Europe, Espagne en tête. On prend un sandwich et une tartine, le tout pour 190 NOK (pas donné mais c’est la Norvège et, de surcroît, un lieu éminemment touristique). Certes, ce n’est pas mauvais mais rien d’exceptionnel non plus. Au loin, on aperçoit le paquebot Viking Sun qui visiblement nous suit car il était comme nous hier en escale à Eidfjord.

Étant donné qu’il ne fait pas très beau, on cherche un musée à visiter. On jette notre dévolu sur celui du Bryggen ou sur le musée hanséatique mais, manque de bol, les deux sont fermés pour travaux. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, on prend la direction du musée KODE 1 mais force est de constater que lui non plus ne pourra être l’heureux élu car il n’est ouvert que le samedi. Heureusement, il y a trois autres KODE et ils sont tous ouverts.

On choisit KODE 4, à savoir celui estampillé art moderne. La première partie de l’exposition est consacrée au peintre norvégien Nikolaï Astrup. On y admire également des toiles de Georges Braque et Pablo Picasso. Au sortir du musée, on profite d’une météo plus clémente pour arpenter le mont Fløyen, une des sept montagnes entourant Bergen. L’ascension dure une petite heure et n’a rien de difficile. Elle offre de très belles vues sur la ville.

Au sommet, les touristes prennent des photos sur l’esplanade spécialement aménagée. On y voit également les téléphériques se croiser (car si vous n’avez pas envie de monter à pied, cet engin vous y mène en quelques minutes).

On poursuit la promenade jusqu’au lac puis on redescend tranquillement vers le centre ville. Petite originalité, un grand toboggan trône au milieu du chemin qu’on a pris au retour. Retrouvant notre âme d’enfant, on l’emprunte et figurez-vous qu’il est assez rapide !

Il est 18 heures passées et les estomacs commencent à se creuser (il faut dire que le déjeuner n’a pas été très copieux) alors on se met en quête d’un restau, si possible norvégien. Sur les conseils du Lonely Planet, on choisit le Pingvinen (Vaskerelven 14), ce qui s’avère judicieux car nos plats sont absolument délicieux. La carte est minimaliste, ce qui, selon moi, garantit davantage de mets faits maison. On tente même le gâteau au chocolat qui est très réussi. L’addition s’élève à 54 euros. Encore une demi-heure de marche pour faciliter la digestion et nous sommes de retour à notre logis. 25,71 kilomètres au total pour cette première journée à Bergen.

De Geilo à Eidfjord

La literie du Geilo Hotel (93 euros la nuit) étant des plus confortables, les conditions étaient donc réunies pour passer une bonne nuit. Ce matin, il neige de petits flocons que l’on regarde tomber en dégustant l’excellent petit-déjeuner. Remontés dans la chambre, on veut acheter les tickets de bus pour Eidfjord via l’application Skyss. Les billets ne sont valables que deux heures après leur achat. L’ennui, c’est que le chronomètre s’enclenche immédiatement après le paiement. Or, il est neuf heures et notre bus part à midi… ! Bref, si vous souhaitez acheter un billet de bus via l’appli, faites-le au bon moment ! On refait un petit tour au bord du lac. Il fait certes assez froid mais le soleil est de sortie aujourd’hui.

On passe au Kiwi acheter quelques victuailles (on a l’impression que c’est un peu moins cher qu’au Spar). On attend le bus 991 juste à côté de la gare. Sur les conseils des gérants de l’hôtel, on tente la négociation pour résoudre le problème du ticket expiré. Malheureusement, c’est un échec, la conductrice nous demande de racheter un ticket. On paye donc de nouveau 11 euros de trajet avec l’appli (soit dit en passant, il est aussi possible d’acheter le ticket auprès du conducteur), c’est la vie ! Le trajet entre Geilo et Eidfjord se passe paisiblement. Nous sommes les seuls passagers à Geilo, rejoints un peu plus tard par quatre autres téméraires. A mi-route, on fait une pause, ce qui permet de faire quelques photos car les paysages sont fantastiques.

Par endroits, les lacs sont encore bien gelés, ce qui a sans doute un lien avec le fait que l’air est particulièrement froid. Arrivés à Eidfjord, on va directement à Ingrids Appartement où nous avons réservé une chambre. Le type qui nous accueille semble un peu perdu. Il nous installe dans une chambre avant qu’un autre ne vienne à sa rescousse nous en indiquer une autre. Une chose est sûre, nous ne perdons pas au change ! En effet, on se retrouve dans un appartement conçu pour six personnes, ce qui est une très bonne affaire pour cent euros. La cuisine est très récente et particulièrement bien équipée. Dans le salon trône un grand canapé devant un écran de télévision grâce auquel on regarde Roland Garros sur Eurosport. Du salon, la vue est absolument magnifique.

Ce n’est pas à Eidfjord même que l’éventail d’activités est le plus étendu. S’il y a pas mal de choses à faire, notamment des randonnées, dans les alentours, mieux vaut être motorisé pour atteindre leurs points de départ car les bus ne sont pas très nombreux. La petite bourgade semble rythmée par les allées et venues des bateaux de croisière qui y font escale. L’office de tourisme est d’ailleurs pris d’assaut par un groupe de touristes britanniques fraîchement débarqués.

On se trouve une petite rando de 5,3 kilomètres qui nous emmène sur les hauteurs de la ville et nous permet d’admirer les montagnes et le lac.

De la terrasse de notre luxueux appartement, on peut contempler les manteaux de laine recouvrant les troncs des arbres (originalité municipale, je n’avais encore jamais vu un pareil accoutrement arboricole).

On mange des pâtes au pesto rouge bizarrement pimentées achetées à Geilo, ce qui fait un peu pitié tellement la cuisine est richement appareillée… On aurait bien volontiers gardé les pâtes pour plus tard et acheté d’autres victuailles afin de préparer un repas plus élaboré mais les supermarchés d’Eidfjord sont tous fermés en ce dimanche.

Au revoir Oslo, bonjour Geilo

Grâce au matelas du haut posé à même le sol, on dort bien mieux. Le réveil sonne tôt car le rendez-vous est fixé à 08 heures 15 à la gare centrale d’Oslo. Le samedi (et le dimanche), le petit-déjeuner du Saga Hotel est servi à partir de 08 heures au lieu de 07 heures le reste de la semaine. Heureusement, il est possible de commander la veille à la réception une sorte de petit-déjeuner à emporter.  On a un peu de temps devant nous donc on le mange tranquillement dans la pièce où est servi le petit-déjeuner qui commence à être mis en place, ce qui me permet de déguster une tartine de pâte à tartiner d’une marque bien connue.

Vers 07 heures 40, on se met en marche pour la gare qui n’est située qu’à une dizaine de minutes de l’hôtel. En fait, en raison de travaux sur les voies ferrées, ce n’est pas dans un train mais à bord d’un bus de remplacement que nous montons. C’est un peu triste de quitter Oslo car il fait un temps superbe ce matin ! Onze cars emmènent les voyageurs à Nesbyen où le train prend le relai jusqu’à Bergen. Pour notre part, nous descendrons à Geilo. Une chose est sûre, le trajet en car entre Oslo et Nesbyen est très agréable. On contemple le paysage, particulièrement varié puisqu’on y voit des cours d’eau, des montages, des champs et quelques cascades.

A 11 heures 10, le train quitte la gare et atteint Geilo 45 minutes plus tard. Arrivés, on marche vers le Geilo Hotel où nous allons passer la nuit. A vrai dire, on avait réservé un autre hôtel mais on a reçu un message nous indiquant que, pour cause de travaux, nous étions déplacés sur un autre établissement. On laisse les sacs à l’hôtel puis on va s’acheter de quoi faire des sandwichs au Spar. Certes, les denrées alimentaires sont relativement chères mais un tour au supermarché reste beaucoup moins onéreux que l’addition d’un restaurant.

Geilo est une charmante station de sports d’hiver dans laquelle les visiteurs trouveront magasins de sport et remontées mécaniques. D’ailleurs, il y a encore pas mal de neige sur les flancs des montagnes. Les charmants gérants du Geilo Hotel nous ont donné une carte avec les sentiers de randonnée. On décide de monter sur les hauteurs de la ville où on suit le chemin dit Pilvegen (j’ignore s’il s’agit du nom d’un lieu mais cette dénomination apparaît sur tous les panneaux).

On marche à travers les remontées mécaniques, parfois sur la neige manquant de s’y enfoncer par endroits. Plus on s’éloigne des pistes de ski, plus c’est beau !

On passe par Urundberget avant de redescendre à Tuftelia, le tout sous un temps magnifique. On monte à 1 200 mètres d’altitude avec un plus de 400 mètres d’ascension au total. C’est autour du lac de Geilo que s’achèvent ces vingt kilomètres de rando.

De retour à l’hôtel, on prend possession de la chambre. En cette intersaison, la fréquentation de la station semble assez faible, pour preuve certains commerces sont fermés. Ce soir, Fabuleux Détour teste pour vous Peppes Pizza, chaîne norvégienne spécialisée dans les pizzas dites américaines. On trouve des Peppes Pizza un peu partout dans le pays, on en a d’ailleurs remarqué un dès notre arrivée à l’aéroport. Verdict : c’est comestible cependant aucun des ingrédients, dont une bonne partie est sans doute surgelée, n’a beaucoup de goût. Coût du repas : 282 NOK. Avant de se coucher, on tape quelques balles sur la table de ping pong de l’hôtel.

GR 2 : du pont Charles de Gaulle au Vert de Maisons

Il est souvent délicat de se motiver pour aller marcher le dimanche matin après un samedi soir un peu arrosé. C’est pourtant le défi qu’on s’est lancé ! Le réveil fut pour le moins tendu et le départ sensiblement plus tardif que d’ordinaire. La salade de pâtes, préparée la veille qui nous attendait patiemment dans le frigo, fut d’un grand soutien moral. On boucle les sacs pour emprunter la ligne J du Transilien puis la ligne 14 du métro pour atteindre la gare de Lyon d’où nous gagnons le pont Charles de Gaulle où nous nous étions arrêtés lors de notre dernière expédition de ce côté-ci du GR 2.

En ce dimanche matin, les débuts sont quelque peu laborieux car on loupe quelques balises (pas toujours facile de les repérer dans Paris) si bien qu’on se retrouve sur des voies perpendiculaires à ce bon vieux GR 2. Cet itinéraire s’avère assez peu concluant étant donné qu’il longe le périphérique… Le GPS nous permet de nous sortir favorablement de ce mauvais pas et de retrouver nos petits. C’est donc du côté du lac Daumesnil que nous cheminons officiellement sur le tracé du GR 2 qui nous emmène ensuite dans le bois de Vincennes.

C’est sur un banc du bois de Vincennes que nous cassons la croûte en subissant le harcèlement constant d’un oiseau téméraire qui n’hésite pas à monter sur nos sacs…

On arrive sur les bords de Marne à Maisons-Alfort (Val-de-Marne, nous voilà !), principal affluent de la Seine. La promenade est tranquille, parfaite même pour un début d’après-midi. A Joinville-le-Pont, des travaux nous empêchent d’atteindre le quai où passe le GR 2, ce qui nous oblige à faire un détour mais pas de panique nous retombons sans grande difficulté sur le précieux marquage. Les bords de Marne ont, par endroits, beaucoup de charme, particulièrement quand les rayons du soleil reflètent sur l’eau. Dans le Val-de-Marne, le GR 2 et le GR 14 se croisent. Pour votre parfaite information, 14e relie Paris à Malmedy (ville située en Belgique, je lève mon verre en l’honneur des GR transfrontières).

A Créteil, le GR 2 nous fait traverser la ville. Ce long passage urbain ne restera pas gravé dans nos mémoires d’autant qu’on essuie une belle averse. On se retrouve devant la gare du Vert de Maisons et, après avoir analysé les prévisions météo assez pessimistes pour la fin de l’après-midi, nous décidons de nous arrêter là pour aujourd’hui. 19 kilomètres de marche, voilà qui ne constitue guère une performance olympique (on se consolera en se disant que le rythme fut assez soutenu) mais tant pis l’appel du RER D aura été plus fort que la pluie.

Que retenir de cette étape ? Ce n’est sans doute pas la plus belle du GR 2 mais quelques portions méritent le détour, je pense notamment au bois de Vincennes. Aucune difficulté à signaler, le terrain est vraiment plat. A bientôt pour de nouvelles aventures pédestres !

GR 2 : de Juziers à Vernon

Dimanche et lundi de Pâques ? L’occasion idéale pour poursuivre nos pérégrinations sur le GR 2 et pour la première fois de marcher deux jours durant ! On prend le RER A puis la ligne J du Transilien pour atteindre Juziers où nous nous étions arrêtés la dernière fois que nous avons cheminé sur la partie Ouest du GR 2. De Juziers, il faut marcher au moins trois kilomètres pour tomber sur les premières balises rouges et blanches. Les premières portions sont forestières et d’autant plus agréables que nous sommes gratifiés d’un temps absolument magnifique avec des températures avoisinant les 25 degrés.

On longe ensuite des champs, notamment de colza. Pas grand chose d’autre aux alentours, mis à part quelques voitures qu’on entend de temps à autre au loin sur la route et un agriculteur hissé sur son tracteur. Les estomacs se creusant en cette fin de matinée, on déguste nos sandwichs assis sur un talus.

Le bourg de Fontenay-Saint-Père nous accueille. En ce dimanche de Pâques, on ne peut pas dire que la foule (en même temps, Wikipédia nous apprend que la ville n’est peuplée que de 1001 âmes) ait envahi les rues.

Entre champs et sous-bois, les kilomètres s’enchaînent. On passe notamment devant un poney-club, sans doute est-il envisageable de squatter les tables et chaises disposées sur la terrasse le temps d’une petite pause. On tombe sur une jonction avec le GR 11, il est toujours émouvant de voir deux GR s’entrecroiser. Nous arrivons à Saint-Martin-la-Garenne (le nom ne s’invente pas), localité dans laquelle, toujours selon Wikipédia, vivent deux habitants de plus qu’à Fontenay-Saint-Père (je vous laisse faire le calcul). Toutes ces petites communes du Vexin ont en commun ce même goût pour la tranquillité. On s’assoit sur un banc installé dans les bois à côté d’un minuscule (et étonnant) sanctuaire orné de statues de saints.

En descendant sur Vétheuil, c’est un très beau panorama sur la Seine qui s’offre à nous.

Nous voici donc à Vétheuil, une des plus célèbres communes du Vexin français. Avec ses berges de Seine et ses maisons fleuries, l’endroit évoque tout du lieu de villégiature pour Parisien stressé. Sans doute le village a-t-il influencé Claude Monet qui y vécut plusieurs années.

C’est après Vétheuil  que le dénivelé se fait sentir. Ainsi, pour atteindre le chemin de Chérence, il faut survivre à une bonne montée. Le sentier est ensuite plus plat jusqu’au terrain d’aviation pour planeurs devant lequel nous assistons au décollage d’un de ces fascinants engins. Les chemins se font plus étroits par la suite avec une succession de montées et descentes. L’effort est récompensé par de superbes points de vue sur la Seine.

Lentement mais sûrement, le sentier en sous-bois nous mène vers la Roche-Guyon où nous avons réservé une chambre d’hôte. La ville est célèbre pour son fort médiéval, dont il ne reste aujourd’hui plus que les ruines du donjon. Un château plus moderne a été construit au XIIe siècle en contrebas du donjon. Il fut remanié aux XVIe et XVIIIe siècles par la famille La Rochefoucauld. Son potager, classé parmi les jardins remarquables, se visite (malheureusement, en raison d’une fermeture imminente, nous ne pourrons visiter aujourd’hui ni le château ni le jardin).

Notre chambre d’hôte se situe à quelques encablures du château. J’ai repéré « Les Damiers » sur Internet et réservé en début de semaine dernière. Visiblement, il valait mieux prévenir de son arrivée car on nous apprend que tout est complet. Notre chambre, qui comprend une salle de bain, est d’aspect un peu vieillot mais l’accueil est sympathique. La nuitée dans cette chambre (dans laquelle sont disposés trois lits simples) coûte 75 euros (dont 30 envoyés par chèque au titre des arrhes), petit-déjeuner compris.

Pour reprendre nos esprits après ces presque 29 kilomètres de marche, on se pause un moment dans la chambre avant de mettre le cap sur « Les Bords de Seine », restaurant qui, comme son nom le laisse supposer, donne sur le fleuve. Les plats sont tout à fait corrects pour des prix un peu inférieurs aux standards parisiens (formule diner entrée-plat-dessert à 25 euros). Les assiettes sont arrivées très vite après la commande, nous en étions même surpris. Le restaurant fait également hôtel sous l’enseigne Logis de France. Les prix affichés sont à peu près les mêmes que ceux de notre chambre d’hôte mais le petit-déjeuner est en sus.

On pensait tomber rapidement dans les bras de Morphée cependant la nuit fut assez agitée. Entre les voitures (la chambre donne sur une route assez passante, du double vitrage ne serait pas un luxe…) et les lits qui grincent, trouver le sommeil n’a pas été un long fleuve tranquille. Si vous avez le choix, ruez-vous sur une chambre qui donne sur le jardin ou n’oubliez pas vos bouchons d’oreilles… Par ailleurs, prendre une douche sans inonder le rebord des toilettes est une gageure. Bref, si c’était à refaire, j’opterais pour l’hôtel Logis de France.

Le petit-déjeuner est « à la française », c’est-à-dire composé de pain, brioche, croissants et confitures. Cela manque, selon moi, de céréales et de fromage mais il me semble que c’est souvent ainsi en France (je ne séjourne que très rarement à l’hôtel sur le territoire national). La rando reprend sur les hauteurs de La Roche-Guyon d’où on admire la Seine.

On entre ensuite dans cette bonne ville de Gommecourt, pas très animée en ce lundi de Pâques. Petit coup de cœur pour Sainte-Geneviève-lès-Gasny avec son petit moulin en bord de rivière.

On arrive à Giverny, ville chère aux Impressionnistes, avant d’arpenter la dernière portion montante descendante du parcours.

Vernon en vue, la rando touche à sa fin ! Après avoir traversé les Yvelines et le Val d’Oise, nous voici dans l’Eure et donc en Normandie ! Un peu plus de 15 kilomètres parcourus en ce deuxième jour. A Vernon, on admire le Vieux Moulin, une des rares bâtisses juchées sur un pont en France.

DSC05489

Nous avions un instant envisagé de prendre le train de 12 heures 51 reliant Vernon à la gare Saint-Lazare mais nous avons préféré ne pas nous presser et ralentir le pas afin de prendre le suivant deux heures plus tard. On déjeune à La Mie Câline (le pain des sandwichs était un peu meilleur dans mon souvenir), un des seuls endroits ouverts en ce lundi de Pâques.

On n’y a pensé qu’une fois les billets de TER achetés mais il y avait une solution moins onéreuse et plus rapide (car en raison de travaux, les trains Paris/Vernon mettent beaucoup plus de temps aujourd’hui) pour rentrer au bercail, à savoir prendre le train pour Mantes-la-Jolie et y rattraper la ligne J puis le RER A à Conflans-fin-d’Oise. En plus, le train qu’on a pris était blindé de chez blindé, tous les passagers n’avaient pas de place assise, loin de là…

Que retenir de ces deux jours sur le GR 2 ? De belles vues sur la Seine, un temps magnifique, des falaises, le château de La Roche-Guyon. Si c’était à refaire, sans doute prendrais-je le temps de visiter la fondation Claude Monet située à Giverny. Une chose est sûre, cette étape donne envie de continuer sur la partie normande du GR 2 !

GR 2 : de Chaville au pont Charles de Gaulle

Le retour des beaux jours est propice à la randonnée. Avec une température maximale annoncée à vingt degrés, l’occasion est trop belle pour reprendre les pérégrinations sur le GR 2. En raison du changement d’heure, le départ n’est pas très matinal mais qu’importe, la gare de Chaville-Rive-Droite n’est pas le point le plus éloigné de notre domicile. Retour donc là où nous nous étions arrêtés à l’issue de l’épisode précédent. L’essentiel du dénivelé est à mettre au crédit de la forêt domaniale de Meudon. Ses petits sentiers ombragés sont très agréables en cette fin de matinée.

On retrouve ensuite la Seine que l’on va longer pendant un bon moment parce qu’on va bientôt entamer la partie parisienne du parcours. Nombreuses sont les péniches qui ont élu domicile sur le fleuve.

Une des portions les plus sympathiques de cette étape est peut-être celle qui traverse l’île Saint-Germain. Je ne la connaissais que de nom et je ne regrette pas de l’avoir enfin découverte.

Issy-les-Moulineaux nous accueille dans ses petits jardins publics (le GR 2 aime faire passer les randonneurs par les îlots de verdure des villes). La portion parisienne amorcée, fini le dénivelé ! Le sentier nous fait passer entre autres par le jardin André Citroën, le pont de l’Alma, le pont Alexandre III.

Les bateaux mouches font le plein et nous sommes loin d’être les seuls à cheminer sur les berges. Il faut dire que le tracé du GR 2 dans Paris mène sur des lieux particulièrement touristiques tels le Louvre ou Notre Dame.

Marcher sur le bitume est, à mon sens, plus douloureux pour les pieds et les genoux, comparativement à un terrain plus mou, mais cette portion dans Paris intra-muros est tout à fait recommandable. A cause de la haute fréquentation des quais de Seine en ce dimanche après-midi, les balises rouges et blanches ne sont pas toujours très visibles. C’est là que le « GR Access » de la fédération française de randonnée produit tout son effet en ce qu’il permet de retrouver facilement son chemin grâce aux points GPS rentrés dans le téléphone.

La sortie du jour prend fin au niveau du pont Charles de Gaulle. On reprend le RER à la gare de Lyon située tout près. 22,98 kilomètres au total sous un temps magnifique, à refaire !

GR 2 : de Sartrouville à Chaville

GR 2, c’est reparti ! Le plan arrêté pour aujourd’hui est de reprendre le sentier à Sartrouville pour mettre le cap vers l’Est avec Chaville dans le viseur. Sartrouville est le point de passage du GR 2 le plus proche de notre logis, c’est de là que nous étions partis pour notre première étape, qui nous avait menée jusqu’à Triel-sur-Seine, sur ce GR. On s’y rend à pied pour s’échauffer, ce qui nous fait déjà trois kilomètres au compteur. Les premières balises rouges et blanches nous font longer les berges de Seine en direction de Montesson. Le chemin, légèrement boisé qui donne sur le fleuve, est des plus agréables.

Pendant la première partie de la rando, on suit l’avenue verte Paris Londres qui est en fait un itinéraire cyclable permettant d’atteindre la capitale britannique. Conditions de marche admirables pour la saison : il doit faire quinze degrés et nous sommes, de temps à autre, gratifiés d’un rayon de soleil. Les cyclistes, coureurs et marcheurs sont nombreux en ce samedi matin.

On passe par Le Pecq et ensuite par Croissy-sur-Seine, toujours en longeant les berges. On traverse le centre-ville de Bougival puis le parc forestier de la Jonchère qui offre de surcroît une belle vue sur la Seine.

Une chose est sûre, le dénivelé est plus important que sur la première partie du parcours mais nul besoin d’une énorme condition physique pour en venir à bout ! Après avoir rasé les berges, nous enchaînons maintenant les portions forestières, ce qui n’est pas pour nous déplaire. On pénètre ainsi dans la forêt domaniale de la Malmaison chère à l’impératrice Joséphine.

Nos chères balises nous entraînent dans un quartier très résidentiel de la commune de Vaucresson : belles maisons et grosses cylindrées en vue. Un peu plus loin, l’étang de Villeneuve est magnifique avec les rayons du soleil qui reflètent sur l’eau. On entrevoit le monument érigé en hommage à l’escadrille la Fayette composée d’aviateurs américains engagés volontaires durant la première guerre mondiale (je regrette de ne m’en être pas davantage rapprochée).

Le sentier nous fait faire un petit tour par le domaine national de Saint-Cloud puis nous emmène à Marnes-la-Coquette. Comme beaucoup de Français, je n’avais jamais entendu parler de cette bonne ville avant que notre Johnny national y décède. C’est le cas de le dire, le centre-ville est tout ce qu’il y a de plus coquet.

Ça y est, on arrive à Chaville, fin de notre périple ! On prend le train à la gare de Chaville-Rive-Droite. Bilan : un peu plus de 22 kilomètres parcourus sur le GR 2 (un peu plus si on compte la distance entre notre domicile et Sartrouville + celle comprise entre la station de tram Pont de Bezons et notre lieu de résidence). Pas mal de vent sur le parcours mais aucune goutte de pluie à signaler alors que les giboulées ont été particulièrement actives pendant la semaine. Comme lors de notre dernière sortie sur le GR 34, nous avons utilisé notre abonnement GR Access (en plus du guide édité par la fédération française de randonnée) pour cette rando. Cet abonnement, grâce auquel on peut générer un fichier GPX lisible depuis un portable, permet de préparer au mieux son parcours et de retomber sur ses pattes en cas de perte du balisage. Pour conclure, cette portion entre Sartrouville et Chaville est peut-être celle qui m’a le plus enchantée depuis nos débuts sur le GR 2. Entre les berges de Seine et les passages en forêt, je ne peux que la recommander.