Taipei en vue

On dort bien à l’hôtel des naufragés Air China car la literie y est tout à fait confortable. Il fait faim alors peu après huit heures nous sommes de retour au réfectoire pour le petit-déjeuner. Celui-ci se présente sous la forme d’un buffet composé de mets chinois dans lesquels l’œuf tient une place prépondérante. Comme les autres Français, nous empruntons la navette de dix heures direction l’aéroport. Devant la porte d’embarquement, l’attente nous semble particulièrement longue, il faut dire que nous sommes arrivés tôt à l’aéroport par rapport à l’heure du vol. On achète deux muffins (celui aux myrtilles n’a de myrtilles que dans son nom) ainsi qu’une salade de fruits chez Costa.

L’avion, qui doit être plein, est un Airbus A321 dans lequel le confort est assez sommaire. Pour tout divertissement, des écrans diffusent des reportages de la télévision chinoise (dont l’un est consacré au curling). On nous sert à boire puis à manger à notre plus grande joie. Le vol touche bientôt à sa fin et on est bien content d’arriver à Taipei après cette escale pékinoise dont on serait volontiers passé…

A destination, on passe par un contrôle des bagages à main en raison de l’épidémie de peste porcine qui semble beaucoup inquiéter nos amis taïwanais. Les formalités d’immigration sont rapides (j’ai même droit à un « au revoir » en français) et les bagages sont déjà livrés lorsque nous atteignons les tapis roulants. Nous achetons deux jetons pour le train express MTR (prix : 150 dollars par tête) qui nous emmène en une trentaine de minutes à la gare centrale. Le train, très moderne, est équipé du wifi (plus besoin de VPN !).

De la gare, on se rend à pied à l’hôtel, la Mudan House (196, Changji Street). Il nous faut une bonne demi-heure pour l’atteindre, ce qui n’est guère très agréable car il fait lourd en cette fin de journée. On est frappé par le nombre de deux roues et par l’intensité de la circulation. Il fait déjà nuit et les gens se pressent aux tables des restaurants et autres gargotes de cuisine de rue. A la Mudan House, où la nuit coûte une quarantaine d’euros, l’accueil est très sympathique. La chambre est joliment décorée avec en prime trois ouvrages de Simone de Beauvoir disposés dans la petite bibliothèque. La salle de bain est partagée.

Il est temps de dîner ! Sur les conseils du gérant de l’auberge, on arpente une rue située juste à côté dans laquelle les restaurants et étals de cuisine de rue sont légion. On tourne un peu histoire de faire l’inventaire des forces en présence avant de nous poser dans un petit restau dans lequel toutes les tables ou presque sont occupées. On nous apporte un menu et une feuille sur laquelle il faut cocher les plats choisis. Il nous faut donc identifier les idéogrammes, ce qui nous prend un peu de temps. Les gens de la table voisine nous font goûter les nouilles à la sauce sésame pour lesquelles j’opte tellement elles sont bonnes. Ils nous suggèrent de commander une soupe de dumplings, ce qui s’avère un excellent choix.

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On mange en plus du porc avec du riz et des boules de riz à la viande. Bilan : on s’est régalé pour la modique somme de cinq euros. On fait ensuite une petite promenade digestive dans le quartier. Le nombre de salles remplies de jeux, dont le but est d’attraper des figurines ou des peluches avec des pinces, est impressionnant !

Taipei via Pékin, l’escale imprévue

Alors que nous avions l’année passée mis le cap sur le Canada, l’envie de dépaysement et d’exotisme s’est de nouveau fait sentir. Si le continent asiatique s’est rapidement imposé, encore fallait-il se décider pour un pays. Le résultat des courses, Taïwan, peut sembler singulier car cette petite île au large de la Chine est loin d’être l’endroit le plus touristique du continent. Non, nous n’avons pas lancé un compas sur une carte d’Asie ! En fait, l’attirance pour Taïwan remonte à notre voyage au Japon où nous avions rencontré une très sympathique taïwanaise qui nous avait très bien vendu les charmes de sa contrée natale. Ajoutez à cela quelques connaissances revenues enchantées de leur séjour à Taïwan, il n’en fallait guère plus pour nous convaincre.

En ce vendredi de novembre, le départ est enfin arrivé. Peu après 16 heures, on monte dans le RER A puis dans dans son cousin B pour gagner le bien connu aéroport Charles de Gaulle où les formalités s’enchaînent rapidement. C’est pendant l’attente devant la porte d’embarquement que notre humeur commence à déchanter car l’avion, censé décoller à 19 heures 30, est annoncé avec au moins vingt minutes de retard. C’est finalement avec une bonne heure d’atermoiement que le Boeing 777-300, chargé de nous emmener à Pékin, décolle.

Après une expérience tout sauf mémorable sur un vol Pékin-Paris il y a cela quelques années, j’avais crié haut et fort qu’il faudrait me passer les menottes pour me faire de nouveau monter dans un avion estampillé Air China. C’était sans compter avec le fait qu’il ne faut jamais dire « Fontaine, je ne boirai pas de ton eau » car me revoilà assise dans un aéronef de la première compagnie chinoise. Vous vous demanderez peut-être la raison de ce revirement de jurisprudence (expression qui prend tout son sens quand c’est une juriste qui l’emploie). On ne va pas se le cacher, l’argument financier a pesé lourd dans la balance. 330 euros aller-retour pour Taipei, c’est vraiment hors concours par rapport aux tarifs proposés par la concurrence.

A bord, les consignes de sécurité sont toujours présentées dans une vidéo dont l’acteur principal est un adorable petit panda à qui il arrive toutes les merdes du monde (nous serons gratifiés de la version 2.0 sur le vol retour). Avec plus d’une heure de retard au décollage, on se dit qu’il va falloir serrer les fesses et courir pour attraper la correspondance pour Taipei. Le début du vol est marqué par de nombreuses turbulences qui perturbent le service des plateaux repas. Niveau bouffe, ce n’est pas extraordinaire mais ça reste mangeable. Le personnel d’Air China ne sert pas beaucoup d’eau au cours du vol, heureusement que j’avais prévu le coup en remplissant ma gourde dans une des fontaines à eau de l’aéroport (ce qui est bien à Roissy, c’est qu’elles sont nombreuses, ce qui n’est pas le cas partout, comme par exemple à Helsinki où j’avais galéré pour trouver un robinet d’où sortait de l’eau fraîche). L’écran de divertissement est aussi désuet que lent. Niveau films, il faut mieux aimer les productions de l’Empire du Milieu particulièrement bien représentées dans la sélection.

Comme prévu ou presque, l’avion pour Taipei part sans nous. Au comptoir Air China, on nous indique qu’il n’y a pas d’autre solution que de passer la nuit à l’hôtel pour prendre le vol du lendemain. Il nous faut donc nous faire délivrer un visa temporaire (gratuit), passer l’immigration, récupérer nos bagages puis aller à un autre comptoir où nous attend une navette pour l’hôtel. Je vous la fais courte mais cela nous prend pas mal de temps car les consignes ne sont pas très claires et parfois contradictoires. Lentement mais sûrement, on réussit toutes les étapes, ralliés par trois compatriotes dans la même galère. Après quinze minutes de trajet, on arrive dans un hôtel sans charme. La chambre, à la décoration un peu kitsch (mention spéciale au mur pailleté) est toutefois confortable. Pour pouvoir profiter pleinement du wifi, il nous faut installer un VPN sur nos téléphones, sans quoi pas de Facebook, Google, WhatsApp et autres réjouissances.

Vers 18 heures, on prend la direction du restaurant de l’hôtel ou plutôt du réfectoire tellement celui-ci est glauque et surdimensionné. S’il existe une carte, nous n’y sommes pas éligibles et devons nous contenter d’un buffet aussi peu fourni qu’insipide. C’est avec ce type de prestation que tu prends pleinement conscience que tu voyages en classe économique ! L’alcool de riz maison (qu’il fait lui-même !) offert par un des Français vient cependant égayer notre dîner.

Je mettrai tout en œuvre pour que l’article suivant soit moins rasoir, promis !

GR 34 : de Tréguier à Buguélès

Le constat est sans appel : les articles consacrés au GR 34 sont les plus consultés de cet auguste blog. Rassurez-vos cependant, le plaisir de randonner le long du sentier des douaniers l’emporte largement sur la volonté de faire exploser le nombre de visites.

Il faut croire que nous devenons de plus en plus convaincants pour motiver des randonneurs car cela fait un bon moment que nous, Panda 1 et Panda 2, n’avons pas marché que tous les deux. Pour cette nouvelle étape sur le GR 34, c’est une bonne partie de la famille de Panda 2 qui se joint joyeusement à nous. Au total, nous sommes neuf à prendre le départ sur le port de Tréguier, une fois la deuxième voiture déposée à Buguélès où nous sommes censés terminer la rando. Je ne devrais peut-être pas le dire mais on triche de quelques centaines de mètres par rapport à notre point d’arrivée à l’issue de l’épisode précédent (en espérant que le dieu du GR 34 ne se venge pas de cet affront !)…

Toute la semaine s’est posée l’épineuse question de la météo pour ce dimanche, les prévisions étant particulièrement changeantes. Au final, ce n’est ni de pluie ni de soleil dont nous sommes gratifiés mais d’un ciel nuageux avec quelques timides éclaircies. Le GR 34 nous mène d’abord à travers les rues de Tréguier où l’on admire les maisons à pans de bois et la cathédrale Saint-Tugdual. Une crêperie (La Krampouzerie) et un bar (Madame Mouss’tache) m’ont semblé digne d’intérêt.

Le début du parcours suit principalement la route. On passe devant le jardin botanique du Kestellic dont je n’ai encore jamais arpenté les allées, cependant, de source sûre, la visite vaut le coup ! Les balises blanches et rouges nous font quitter la route pour gagner la rive du Jaudy. Prenez garde, certains rochers sont très glissants.

La marée est basse ce matin et on a hâte qu’elle monte ! Un petit creux ? Le café Pesked, situé 21 rue du port à Plouguiel tout près de la rue Casse-pattes, qui porte si bien son nom car elle monte à pic, est là pour combler la faim ou la soif. On salue la baie de l’Enfer (pourtant décrite comme « profonde et calme » par le site internet de l’office de tourisme de la côte de granit rose) ainsi que deux sympathiques ânes.

Le panneau d’entrée d’agglomération « Plougrescant » est en vue ! Sur le sentier, on tombe nez à nez avec une pancarte indiquant le manoir de Kergrec’h à 500 mètres, qui constitue, si l’on en croit les avis Google, une belle possibilité d’hébergement mais sans doute pas à la portée de toutes les bourses. Deux tables de pique-nique nous accueillent pour casser la croûte, néanmoins le vent froid nous dissuade de rester attablé trop longtemps.

La promenade se poursuit et force est de constater que le terrain est nettement moins vallonné que lors des premiers kilomètres. On commence à bien voir la mer qui remonte petit à petit.

Les amas de rochers évoquent la magnifique côte de granit rose, la plus touristique des Côtes d’Armor, qui n’est plus si loin.

On fait un détour par la célèbre petite maison entre les deux rochers puis par le toujours très impressionnant gouffre de Plougrescant, où la mer déferle dans une profonde entaille.

Sur la commune de Penvénan, le balisage est quelque peu erratique si bien qu’il vaut mieux longer les plages et la côte pour être sûr de ne pas se perdre.

Au fil des kilomètres, le groupe s’est scindé en trois groupes. Le peloton de tête va chercher la voiture laissée à Tréguier. Panda 2, parti devant avec son père et son oncle, vient à ma rencontre sur la dernière plage où on attend le reste de la troupe. Sa traversée est d’ailleurs un peu épique à cause de la mer qui monte. Le petit port de Buguélès, épilogue de notre randonnée, est en vue !  On y attend l’arrivée des voitures pour rentrer au bercail.

26,95 kilomètres au total pour 385 mètres de dénivelé. Cette portion du GR 34 fut d’autant plus agréable que nous n’avons pas senti une seule goutte de pluie à défaut d’avoir pu profiter du soleil malgré quelques éclaircies. Merci à tous, merci au GR 34 et à bientôt pour de nouvelles aventures en Bretagne ou ailleurs !

Etretat par le GR 21

Après la réussite éclatante de la randonnée dans la vallée de la Chevreuse, il aurait été dommage d’en rester là ! Pour tout dire, bien avant de nous promener entre les quatre châteaux, nous avions déjà planifié notre deuxième sortie, la Chevreuse n’étant en quelque sorte qu’un tour de chauffe. En effet, après d’intenses négociations (auxquelles je n’ai personnellement pas eu le privilège d’assister), décision avait été prise de marcher deux jours sur le GR 21 en Seine-Maritime. Le projet était le suivant :

  • prendre le Transilien entre Houilles et la gare Saint-Lazare;
  • monter dans un train Intercités jusqu’au Havre;
  • finir le voyage en TER jusqu’à Montivilliers;
  • randonner entre Montivilliers et Fécamp (et passer la nuit à mi-chemin à côté d’Etretat).

Mais c’était sans compter avec le mouvement de grève sans préavis (ou exercice du droit de retrait, visiblement le débat fait rage) à la SNCF ! Autant dire que nous avons été contraints de trouver une solution de repli après avoir appris qu’aucun train ne circulerait entre Paris et Le Havre. Décision ? exécution : aller en voiture jusqu’au Tilleul où nous avons loué deux chalets pour une nuit. La bonne nouvelle, c’est que si le moral était quelque peu tombé en berne à la suite de l’analyse des prévisions du trafic SNCF, il est assez vite remonté à la faveur de l’amélioration notable du bulletin météo qui nous promettait un temps bien plus agréable que le froid et la pluie initialement redoutés. Le rendez-vous est donné à la gare de Houilles – Carrières-sur-Seine à huit heures. Après deux heures et quart de route (ironie du sort, on double une voiture estampillée « préférez le rail »…), nous arrivons sur notre lieu de villégiature.

Possession des lieux prise, on élabore un itinéraire de substitution autour des falaises. C’est ainsi que onze badistes et une athlète (la pauvre, que vient-elle faire dans cette galère ?) entament une rando à travers champs pour atteindre la côte et ses premières falaises. Le soleil, les imposantes falaises, la splendide couleur de l’eau : tous les signaux sont au vert pour passer une belle journée. Comme de nombreux randonneurs ont pu le faire avant nous, on salue l’Aiguille et l’Arche.

On déjeune assis sur la jetée devant la mer en écoutant le bruit des vagues. Etretat est une des communes les plus touristiques de Seine-Maritime et ça se voit car les cafés et restaurants sont bien remplis. Les négociations reprennent avec la montée vers la chapelle Notre-Dame de la Garde.

De là-haut, la vue est magnifique. Les falaises suivantes, quoique très belles, sont un peu moins impressionnantes.

Sur le GR 21, on passe devant un salon de thé, La Dame au Chapeau, situé sur la commune de Bénouville. Faute de les avoir goûtées, je ne vanterai pas les mérites des pâtisseries, néanmoins vu de l’extérieur, l’endroit a l’air des plus accueillants.

On fait une petite pause dans le centre-ville d’Etretat où l’offre de restauration semble taillée pour les visiteurs avec des brasseries aux cartes très disparates (ce qui n’est pas toujours un gage de qualité, loin de là).

Résultat des courses : 22 kilomètres de marche sous le soleil. Nous voilà de retour au camping Abijune. Les chalets sont récents et bien équipés pour faire dormir six personnes. S’il est possible de louer des draps, nous avons opté pour la solution la moins dispendieuse, qui est, vous vous en doutez, d’apporter des duvets. Pour une nuit dans ces chalets à cette période de l’année, il faut compter une petite vingtaine d’euros par tête si on est six. La soirée commence par un apéro improvisé sur la terrasse d’un des deux chalets avec les bières et biscuits achetés au petit Carrefour d’Etretat.

Le Tilleul n’est certes pas une grande ville mais un bon restaurant est implanté sur ses terres et situé à 800 mètres du camping. Il s’agit du Tilleulais et c’est justement là que nous dînons, choix que nous ne regrettons pas car nous avons très bien mangé. Le restaurant propose trois menus (20 euros/25 euros/30 euros) composés notamment de spécialités normandes. La nuit est paisible dans les chalets, à peine entend-on la musique de la cousinade célébrée dans la salle commune.

Au petit matin, trois courageux se dévouent pour aller chercher les sandwichs et les viennoiseries commandés hier à la boulangerie implantée à une petite dizaine de minutes à pied de notre hôtel de plein air. Grâce à ces victuailles et à celles amenées par un certain nombre d’entre nous, c’est un petit-déjeuner comme on les aime qui s’offre aux randonneurs que nous sommes. Seule ombre au tableau, la pluie qui fait naître une vague hésitation entre partir en randonnée et regarder la deuxième mi-temps du match de rugby opposant la France au Pays de Galles… A la faveur d’une accalmie sur le front des intempéries, le départ est donné. Au programme, la valleuse de la Poterie-Cap-d’Antifer, une des dernières non urbanisées de la côte d’Albâtre. Il pleut certes encore un peu mais rien de très inquiétant. Notre rando du jour nous fait passer par des sous-bois avant de nous amener vers les falaises. On croise de sympathiques chevaux et de paisibles vaches.

On déjeune sur la plage ventée puis on rentre tranquillement au camping, après 15 kilomètres de marche, alléchés par les pâtisseries qui nous attendent dans les chalets. Un coup de serpillère et nous voilà repartis en Ile-de-France alors que la pluie fait son retour.

Quel bilan tirer de ces deux jours en Seine-Maritime ? Il est vrai qu’entre la grève à la SNCF et les conditions météo, notre escapade normande ne s’annonçait pas sous les meilleurs auspices. Passée la déception engendrée par l’annulation des trains Intercité, nous nous sommes attelés à réaménager le programme. Au lieu de suivre le tracé du GR 21 entre Montivilliers et Fécamp, nous nous sommes contentés de boucles autour d’Etretat, ce qui est toujours mieux que rien ! Niveau météo, ce fut nettement plus favorable que prévu avec certes des averses le dimanche mais un beau soleil d’automne le samedi. Cette portion du GR 21 ne présente pas de difficulté majeure mises à part quelques remontées de valleuses, rien d’insurmontable cependant. Attention tout de même à ne pas glisser par temps pluvieux, le risque principal étant de se retrouver les fesses par terre couvertes de boue.

Merci à tous pour ces deux jours de randonnée dans la joie et la bonne humeur !

Vallée de la Chevreuse : le chemin des quatre châteaux

Ce dimanche 15 septembre, c’est rando en Ile-de-France ! Nous avons jeté notre dévolu sur le parc naturel régional de la haute vallée de Chevreuse situé au Sud des Yvelines. Une fois n’est pas coutume, en plus de vos habituels serviteurs Panda 1 et Panda 2, c’est un bataillon de huit personnes escorté par un chien qui a eu la force et l’audace de régler son réveil à une heure matinale. Neuf de ces individus ont pour curieux passe-temps d’écumer les gymnases de France et de Navarre pour taper dans un volant à l’aide d’une raquette (il paraît qu’on appelle ça du badminton) pour le meilleur mais aussi pour le pire (tout du moins en ce qui me concerne).

Le point de départ de l’effort physique du jour est fixé au parc de stationnement de la maison des associations (36 rue de Rambouillet, compter un peu plus de deux kilomètres de marche depuis la gare RER de Saint-Rémy-lès-Chevreuse) de cette bonne ville de Chevreuse. Le rassemblement de la troupe, effectif peu après neuf heures et demi, marque le début des choses sérieuses ! Les premiers hectomètres du parcours nous font longer l’Yvette, affluent de l’Orge et donc sous-affluent de la Seine (merci Wikipédia !). Les arbres et les petites arcades fleuries font du chemin des petits ponts une voie particulièrement agréable.

On arrive dans les sous-bois avec au programme une première montée. Les plus gourmands feront une pause salutaire à la ferme qui fabrique et vend du fromage de chèvre. Il fait un temps superbe aujourd’hui si bien que nous sommes loin d’être les seuls à randonner. Les cyclistes sont également nombreux à arpenter les routes et les chemins. Le premier château en vue est celui de Méridon dans lequel il est apparemment possible de se marier et d’organiser des séminaires.

Après la traditionnelle photo de groupe devant les grilles dudit château, le bataillon reprend son chemin et tombe assez rapidement sur la deuxième bâtisse, à savoir le château de Breteuil. Célèbre pour ses jardins, ce château se visite, ce que nous n’avons malheureusement pas le temps de faire, l’objectif premier étant de finir la randonnée.

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On trouve quelques points d’eau le long du chemin (qui n’est d’ailleurs pas balisé mais heureusement Visio Rando est là pour nous aider), fontaines très appréciées quand le mercure dépasse les vingt-cinq degrés. On traverse Senlisse puis Dampierre-en-Yvelines où trône majestueusement notre troisième château. Dampierre n’est pas une ville morte en ce dimanche, les commerces et restaurants étant ouverts. On casse la croûte sur le terre-plein d’herbe juste en face du château dont on admire l’architecture et plus étonnamment un certain nombre de grosses cylindrées. Le déjeuner est agrémenté de délicieux cannelés concoctés par notre pâtissière en chef.

Le sentier n’est pas seulement en sous-bois, il longe aussi quelques routes sur lesquelles on prend le soleil bien en face. L’après-midi se passe tranquillement, les six garçons devant, les quatre filles derrière. On traverse notamment la forêt de la Madeleine qui nous amène jusqu’au château du même nom où séjourna Jean Racine. Cette vaste demeure, qui offre un superbe panorama sur la vallée de l’Yvette, est la dernière du parcours qui s’achève en contre-bas.

24,47 kilomètres au total en 5 heures 43 pause pique-nique décomptée. Pas de difficulté majeure, juste quelques portions un peu caillouteuses en descente, d’où l’intérêt de porter de bonnes chaussures. C’était ma première fois dans le parc naturel régional de la haute vallée de Chevreuse et je n’ai pas été déçue. A bientôt pour de nouvelles aventures en vallée de Chevreuse ou ailleurs !

GR 2 : du Vert de Maisons à Ris-Orangis

Que faire en Ile-de-France un dimanche d’août ? Le GR 2, évidemment ! 😉 Les négociations reprennent à partir de la gare du Vert de Maisons où nous nous étions arrêtés la fois dernière. En raison de travaux sur le RER A, le trajet prend nettement plus de temps que d’ordinaire. A la gare de Lyon, on monte dans le RER D pour rejoindre la gare du Vert de Maisons. Dès la sortie de la gare, on tombe miraculeusement (ou presque) sur nos premières balises rouges et blanches qui nous font traverser Alfortville. Le sentier est censé nous faire passer par le parc de la ville, c’est sans compter sur les barrières fermées en ce jour qui nous obligent à faire demi-tour. Grâce au GPS, on retrouve cependant facilement nos petits. Le GR nous mène sur les berges de Seine. Tout est calme et reposé en cette matinée d’été, on ne croise que quelques cyclistes et coureurs.

On arrive à Choisy-le-Roi où le lit du fleuve est bien plus large. On y voit des gens faire du ski nautique.

On déguste la traditionnelle salade de pâtes à Ablon-sur-Seine sur un banc devant le fleuve. On longe ensuite la Seine en plein soleil. Le mercure dépassant les trente degrés, la crème solaire n’est pas de trop. Le GR 2 nous fait monter sur les hauteurs d’Athis-Mons (d’où on peut admirer les avions qui viennent de décoller d’Orly ou qui se préparent à y atterrir) puis longer les berges de l’Orge qui se jette dans la Seine tout près de là.

On arrive à la gare de Juvisy au niveau de laquelle l’accès au GR 2 est coupé en raison de travaux. Ne voyant pas trop par où passer, on emprunte le sous-terrain de la gare (badge Navigo nécessaire, ce serait bête de payer un ticket pour la simple traversée d’une gare) pour gagner l’autre côté. Le passage par le centre-ville de Juvisy ne restera pas marqué dans nos mémoires cependant on se retrouve assez rapidement à un endroit bien plus agréable, à savoir l’espace naturel régional de la fosse aux carpes. Les pêcheurs sont particulièrement bien représentés sur ce tronçon ombragé qui borde la Seine.

C’est à Ris-Orangis (donc dans l’Essonne) qui s’achève notre randonnée du jour. Alors, certes, ce n’est pas là la plus jolie portion du GR 2 mais cela aurait été dommage de ne pas sortir par ce si beau temps. 24,27 kilomètres (pour seulement 215 mètres de dénivelé selon le « GR Access ») de marche aujourd’hui, ce qui ne constitue guère un record. Néanmoins, entreprendre une rando plus courte permet de rentrer un peu plus tôt (surtout quand il fait chaud et que le temps de transport est rallongé à cause de perturbations). Je ne sais pas quand on reprendra le GR 2 de ce côté-ci de l’Ile-de-France. Peut-être pas dans l’immédiat car la Normandie pourrait bien être notre prochain terrain de chasse pour la rando !

GR 34 : de la pointe de l’Arcouest à Tréguier

L’heure de la pêche aux balises blanches et rouges a de nouveau sonné ! C’est avec une joie non dissimulée que nous fêtons nos retrouvailles avec ce bon vieux GR 34. C’est du côté Ouest par rapport à Saint-Brieuc que l’action se passe aujourd’hui et demain. Une fois n’est pas coutume, nous sommes quatre courageux marcheurs (Panda 1, Panda 2, Frère de Panda 2, une amie) mais seulement trois d’entre nous se sont engagés pour les deux jours d’efforts. Il faut donc que notre amie soit en mesure de faire demi-tour, d’où sa voiture laissée au rando-gîte de Lanmodez où nous allons passer la nuit. Le père de Panda 2 embarque ensuite toute la troupe pour nous déposer à la pointe de l’Arcouest (juste devant l’embarcadère pour l’île de Bréhat, cf. l’épisode précédent) où démarre notre étape. Il est presque 11 heures et c’est partiii !!! Le soleil est au rendez-vous, ce qui promet une journée parfaite pour randonner.

Au bout d’un peu plus d’une heure de marche, on atteint Loguivy-de-la-Mer, localité située sur la commune de Ploubazlanec. Si tu n’es pas Costarmoricain, ce nom ne te dit sans doute rien, néanmoins, pour parfaire ta culture musicale, sache que Loguivy-de-la-Mer a inspiré une célèbre (enfin, dans les Côtes d’Armor, j’entends) chanson d’un certain François Budet (dont la fille Yelle chantait « Je veux te voir dans une film pornographique). Personnellement, j’ai toujours trouvé cette chanson particulièrement déprimante (Loguivy-de-la-Mer Loguivy-de-la-Mer, tu regardes mourir les derniers vrais marins / Loguivy-de-la-Mer, au fond de ton vieux port s’entassent les carcasses des bateaux déjà morts) mais je te laisse juge et te laisse libre de cliquer sur ce lien si j’ai réussi à piquer ta curiosité ! Ce n’est pas que cette chanson, que j’ai dû apprendre en CM2 et chanter lors de la fête de l’école, m’ait tant à ce point traumatisée, cependant, comme beaucoup d’autres élèves, je me souviens, acte de rébellion suprême, avoir beuglé Loguivy-de-la-Meeerde. Juste une petite photo du port de Loguivy avant de refermer cette digression !

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Le sentier oscille entre bords de mer et sous-bois avec de magnifiques vues plongeantes sur l’eau. On s’arrête pour pique-niquer à la Roche aux Oiseaux d’où on peut admirer l’estuaire (l’embouchure du Trieux) et l’archipel de Bréhat.

On poursuit notre route entre chemins côtiers et sous-bois. Ces derniers nous protègent des rayons du soleil car, mine de rien, ça tape. En Bretagne, le soleil est souvent traitre dans le sens où, même s’il ne fait pas très chaud et que le ciel est parsemé de nuages, la crème solaire est de rigueur.

On passe Lézardrieux, son église, son monument aux morts (orné d’une statue de soldat, une main sur le fusil, l’autre sur le cœur) avant d’atteindre son petit port de plaisance. A Lézardrieux, nous tombons nez à nez sur la maison d’hôtes Lan Caradec et son impressionnante collection de plaques du guide du Routard. Elle est située directement sur le sentier (sur une portion routière), ce qui en fait sans aucun doute un lieu idéal de villégiature pour les randonneurs qui cherchent un endroit où dormir.

Comme souvent sur le GR 34, le terrain monte et descend, ce qui rend certaines portions assez cardios. Cet après-midi, la marée est basse et je trouve que c’est un peu moins joli que lorsqu’elle est haute.

Entre le Moulin à Mer et Lanmodez, le sentier nous fait passer un certain nombre de fois par la route (pas très passante certes), ce qui est moins agréable que quand il nous fait longer la côte. On fait une pause ravitaillement à la Cambuse de Kermouster, petite crêperie établie sur la commune de Lézardrieux. Les crêpes sont chères (4,20 euros pour celle au Nutella ; eh, les gars, on n’est pas non plus devant la tour Eiffel !) néanmoins elles sont bonnes. C’est donc requinqués que nous mettons le cap sur le rando-gîte de Lanmodez situé à un peu moins de quatre kilomètres. Comme convenu, nous appelons la responsable de ce gîte communal à la vue du premier panneau en indiquant la direction. Le gîte n’est pas situé pile-poil sur le GR 34, il faut marcher deux kilomètres hors du sentier pour l’entrevoir.

Dix-neuf minutes plus tard, nous atteignons notre but. L’accueil est sympathique, tout comme le gîte en lui-même dont les voyageurs apprécieront la cuisine très bien équipée. La nuitée coûte 22 euros auxquels il faut en rajouter 5 si vous souhaitez prendre le petit-déjeuner. Les draps sont fournis mais pas les serviettes de bain. Douches et toilettes sont communes. On se fait cuire des pâtes dans la vaste cuisine tout en discutant avec un couple venu de Lyon. Une chose est sûre, on ne devrait pas être dérangé cette nuit tellement le coin est paisible.

En effet, c’est le silence total, on entend seulement les oiseaux et quelques chiens qui aboient au petit matin. A la question de savoir à quelle heure nous souhaitions prendre le petit-déjeuner, nous avions répondu 07 heures 30. Comme par magie, tout est en place à l’heure convenue. Il y a sur la table du lait, du thé, du pain, des croissants, de la confiture ainsi que du jus d’orange.

Rassasiés, on boucle les sacs et c’est reparti ! On fait un saut au bar-épicerie de Lanmodez pour acheter une baguette et des abricots. Il fait aujourd’hui un temps admirable, visiblement un peu plus chaud qu’hier. Les premières vues sur la mer nous enchantent.

On arrive sur Pors Guyon, tranquille petit port de pêche dont rien ne semble pouvoir troubler la quiétude.

Laneros, localité dotée d’un hôtel de plein air (avis aux randonneurs campeurs), s’offre à nous. Les chemins, la plupart côtiers, sont charmants. On admire le sillon noir, moins connu et moins grand que son confrère du Talbert.

On arrive à Pleubian, d’où le point de vue sur le sillon de Talbert est superbe surtout quand le ciel est dégagé comme aujourd’hui. Curiosité géologique, le sillon de Talbert s’avance de trois kilomètres dans une mer parsemée de rochers. L’étroite langue de 35 mètres, faite de sable et de galets, est façonnée par les courants opposés du Trieux et du Jaudy.

Non loin de là se trouve la maison du sillon, le lieu de référence pour obtenir des informations sur ce site naturel. Juste à côté trônent trois restaurants, dont l’un croule sous les plaques Routard, du style crêperie. Le sentier est magnifique dans les environs de Pleubian. Entre la végétation et les vues plongeantes sur la mer, difficile de ne pas se dire que les Bretons sont gâtés.

A défaut de trouver un banc qui ne soit pas exposé en plein soleil, on s’arrête pour déjeuner à l’ombre sur le bas-côté du sentier. L’après-midi de marche est plus difficile que celle d’hier pour les organismes car il fait plus chaud et un certain nombre de portions ne sont pas ombragées. Par ailleurs, notre étape du jour est un peu plus longue que ce que nous pensions.

Nos collègues randonneurs trouveront entre Kermagen et Bilvéro plusieurs gîtes qui jouxtent le sentier. La portion juste avant Tréguier est peut-être la plus difficile du jour. Il faut, en effet, emprunter un chemin en sous-bois pour atteindre la rive droite du Jaudy et y aller prudemment car le sol est particulièrement vaseux.

Heureusement (car mes pieds commencent à crier famine), on en a presque terminé ! Encore quelques portions routières et le port de Tréguier sera en vue. Les parents de Panda 2 nous attendent juste à côté du pont où nous reprendrons donc les négociations la prochaine fois.

Quel bilan tirer de ces deux jours sur le GR 34 ? Une chose est sûre, nous avons été gratifiés d’un temps exceptionnel. Au niveau kilométrique, le livre de comptes indique : 26,25 kilomètres pour le premier jour et 33,10 pour le second. Peut-être aurait-il été plus judicieux de prévoir un plus gros kilométrage le dimanche plutôt que le lundi. Personnellement, j’ai préféré la portion entre Lanmodez et Tréguier à celle entre la pointe de l’Arcouest et Lanmodez pour la simple et bonne raison que le GR 34 longe davantage la côte. Je m’arrête ici, merci d’avoir pris le temps de lire cet article et à bientôt pour de nouvelles aventures !

Traumstadt Bamberg

Bamberg étant incontestablement l’une des plus jolies villes de Bavière, profiter de notre séjour à Erlangen pour aller y faire un saut a été voté à l’unanimité. Retourner dans cette « ville de rêve » (Traumstadt), c’est aussi se remémorer des souvenirs de notre année Erasmus car Bamberg est la première ville que nous avions visitée, quelques jours après notre arrivée, grâce aux excursions organisées par le service « accueil des étudiants étrangers » de l’université d’Erlangen.

Bamberg est située à une demi-heure de train d’Erlangen. Force est de constater que c’est l’affluence des grands jours sur les quais à Bamberg. La gare est, en effet, remplie de jeunes gens vêtus de Dirndl et Lederhosen qui attendent le train pour Erlangen où se déroule Bergkirchweih, la bien-aimée fête de la bière. Certains arpentent les quais bière à la main en diffusant de la musique traditionnelle bavaroise…

On prend la direction du centre historique célèbre pour son architecture à la fois médiévale et baroque. Il y a du monde dans les rues peut-être parce qu’a lieu aujourd’hui une sorte de fête du vin (est-ce pour faire concurrence à Erlangen qui célèbre au même moment la bière ?).

 

Un copain allemand nous rejoint, c’est très sympa de le revoir ! On continue à déambuler dans la ville et on redécouvre avec plaisir le splendide Rosengarten (jardin aux roses).

 

Entre les librairies, papeteries, boutiques de déco et de vêtements, les rues de Bamberg son très commerçantes. A l’heure du déjeuner, on prend place chez Eckerts (Obere Mühlbrücke 9), sympathique restaurant allemand où les plats sont très réussis (et la bière n’est pas en reste). On descend ensuite sur les berges pour admirer les maisons colorées devant lesquelles trônent quelques barques.

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L’ancien hôtel de ville de Bamberg est sans aucun doute un des bâtiments les plus remarquables de la cité. Si l’édifice originel date de 1387, il fut reconstruit entre 1461 et 1467 puis arrangé à la mode baroque vers 1750.

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Grâce à notre pote allemand fin connaisseur de Bamberg, on emprunte l’adorable bac (= une grosse barque) pour rejoindre l’autre rive. La traversée coûte un euro mais sachez qu’il existe un abonnement à l’année !

 

Si on a pris le bac, c’est pour goûter la fameuse Rauchbier (bière fumée) à la Brauerei Spezial (Obere Königstraße 10). La brasserie est très fréquentée en ce samedi après-midi. La bière fumée, c’est un peu particulier mais, comme on dit, il faut toujours goûter aux spécialités ! C’est sur cette découverte que s’achève notre escapade à Bamberg. Il est temps pour nous de regagner Erlangen pour profiter de la fin de la journée et de la soirée à la fête de la bière.

A toi, Erlangen

Erlangen,

Au plus grand nombre, ton nom n’évoque rien, pas même un vague souvenir de cours d’histoire ou de géographie. Je dois bien avouer que moi-même, avant d’apprendre que ton université était jumelée avec la mienne, j’aurais été bien incapable de te situer sur une carte.

Si ta voisine Nuremberg est là pour nous rappeler les heures les plus sombres du XXe siècle, ton nom, Erlangen, n’est pas associé dans l’inconscient collectif à la barbarie nazie. Pourtant, comme de nombreuses cités allemandes, tu ne fus pas épargnée par les autodafés, l’antisémitisme et les déportations.

La place que tu occupes dans mon cœur, Erlangen, n’est pas liée à un quelconque statut de ville d’art et d’histoire ou à une toute autre appellation pompeuse. Certes, tu n’es pas dénuée de charme, Erlangen, mais n’est pas Heidelberg qui veut. Si je te voue tant d’admiration, Erlangen, c’est parce qu’à la jeunesse, l’amitié et l’amour, tout ce qui marque nos plus belles années, tu y es intrinsèquement rattachée.

Je me souviens, Erlangen, de l’étudiante de vint-et-un ans que j’étais, débarquant dans ta gare traînant deux valises et un sac à dos. Si je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre pour cette année Erasmus en devenir, la curiosité a rapidement pris le pas sur l’appréhension. Nous nous sommes, en effet, très vite apprivoisées, Erlangen, si bien qu’au bout de quelques semaines, nous n’avions presque plus de secrets l’une pour l’autre.

Cela faisait plusieurs années que nous ne nous étions pas revues, Erlangen, mais le plaisir est toujours le même tellement tant de lieux me rappellent des souvenirs, sans doute magnifiés par le temps. Plein de rencontres, des petits riens, toutes ces choses que les photographies ne sauraient capter et que j’espère ne jamais oublier.

C’est toujours avec joie que te retrouve, Erlangen, avec néanmoins une pointe de nostalgie qui alourdit mon cœur quand je dois te quitter. Telle une vieille maîtresse qu’on ne peut se résoudre à laisser tomber, tu resteras, Erlangen, encore longtemps dans mes pensées.

Erlangen : on s’était dit rendez-vous dans dix ans

Retourner dix ans après à Erlangen, ville hôte de notre année Erasmus ! C’est le défi que nous nous étions lancées et que nous avons brillamment relevé !

Avec trois amies françaises rencontrées à Erlangen au cours de cette fabuleuse année universitaire 2008-2009, on s’était dit, comme le chante Patrick, « rendez-vous dans dix ans, même jour, même heure, même pomme (pomme et non port, il faut bien que ça rime avec grands hommes) ». Juin 2019, pari tenu, voici le quatuor réuni à Erlangen alors qu’on ne se voit pas toutes si souvent.

Erlangen n’est certes pas répertoriée dans notre Routard national néanmoins je ne m’y suis pas ennuyée pendant mon année Erasmus, loin de là. Pour réparer cette injustice, voici une petite liste des choses à faire dans cette bonne ville du Nord de la Bavière !

  1. S’y rendre

Quand j’étais étudiante et les fois où j’y suis revenue ensuite, je me suis toujours rendue à Erlangen en train. Alors, certes, le trajet prend un peu de temps (depuis Paris, il faut changer plusieurs fois de train) mais c’est tout à fait faisable.

Je me souviens avoir regagné Erlangen avec Eurolines après les vacances de Noël passées en France et que le voyage n’avait pas été de tout repos en raison de la neige qui bloquaient un certain nombre d’autoroutes dans le Sud de l’Allemagne.

Pour nos retrouvailles des dix ans, nous avons opté pour l’avion (certes moins écologique que le train). Air France assure en effet des vols entre Paris et la deuxième ville de Bavière. En réservant à l’avance, il y a moyen de s’en tirer pour une centaine d’euros. Le bus 30, qui s’arrête devant l’aéroport de Nuremberg (qui est très petit), vous amènera dans le centre d’Erlangen.

A Erlangen, le vélo est roi ! Il ne me semble pas avoir vu de vélos en libre-service dans la ville mais il y a sans moyen d’en louer quelque part. Quand j’y habitais, j’étais l’heureuse propriétaire d’une petite reine (j’en ai en fait possédé deux, la première, achetée aux enchères grâce à un billet de 50 euros trouvé dans la rue, m’ayant lâchée).

2. Hébergement

Je n’ai malheureusement pas beaucoup de conseils à donner sur ce point. En effet, si j’avais dormi dans une auberge de jeunesse le soir de mon arrivée en tant qu’étudiante (la remise des clés de mon studio était fixée au lendemain), mes recherches pour retrouver l’adresse du lieu sont restée vaines. Peut-être a-t-elle mis la clé sous la porte ? Quoi qu’il en soit, des hôtels sont prêts à accueillir les voyageurs. Autre solution, louer un appartement via Airbnb, ce que nous avons fait lors de notre réunion d’anciennes combattantes. L’appart était en plein centre ville donc idéalement situé. Pour trois nuits, nous avons payé chacune un peu moins de 130 euros. Alors, oui, ce n’est pas donné comparativement à d’autres villes allemandes mais il n’y a pas beaucoup d’offres sur Erlangen qui est devenue une des villes les plus chères du pays en ce qui concerne l’immobilier.

3. Restaurants

A l’heure du dîner, je suis parfois allée au Tio (Südliche Stadtmauerstraße 1A), restaurant italien visiblement plutôt bien noté sur Google. Une fois ou deux, je suis allée manger à la Crêperie Luther’s sur la Martin-Luther-Platz mais je ne suis pas certaine qu’elle existe toujours (ce qui ne serait pas non plus un drame car la Bretonne que je suis n’en garde pas un souvenir extraordinaire). Lors de notre retour à Erlangen, nous avons constaté que de nombreux restaurants, notamment italiens et de burgers, avaient vu le jour.

Comme de nombreuses villes allemandes, Erlangen regorge de kebabs (qui sont généralement meilleurs qu’en France) et de restaurants asiatiques néanmoins, dans le genre traditionnel allemand, j’ai une adresse à vous suggérer ! Le restau, qui répond au doux nom de Drei Linden, est situé dans le vieux Erlangen (Alterlanger Straße 6). Du centre-ville, on peut facilement s’y rendre à pied ou à vélo (le chemin est agréable, on a l’impression d’être au milieu des champs) pour manger un gros Schnitzel.

Pour palier les petits creux, mes amies couraient au Yoghurt-Bar (Untere Karlstraße 15), boutique spécialisée dans le yaourt glacé. Envie de pain, d’un sandwich ou d’un gâteau ? Der Beck est une chaîne locale de boulangeries et Erlangen en abrite un certain nombre de succursales. A mon sens, c’est une valeur sûre, notamment pour le petit-déjeuner !

De petit-déjeuner (ou plutôt de Frühstück), parlons-en ! Le Mengin (Schloßplatz 5) est un café-pâtisserie où l’on aime prendre son temps le dimanche matin. Je ne sais pas si c’est le meilleur rapport qualité prix d’Erlangen pour ce type de prestation mais c’est là où nous allions (et où nous sommes retournées !).

4. Assez disserté sur les restaurants, passons aux lieux de débauche !

Le Kanapee (Neue Straße 50) est sans aucun doute un des bars les plus fréquentés d’Erlangen. Haut lieu de la vie étudiante, ce bar au cadre chaleureux fait figure de QG pour un certain nombre de jeunes gens.

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Pour boire un cocktail, je vous recommande le Havana Bar (Engelstraße 17) où, à la grande époque, les gens venaient danser la salsa. Le Nachtcafe-Smile (Fuchsengarten 1) me rappelle d’éminents souvenirs car c’est dans ce bar qu’avait lieu le Stammtisch (comprendre la table des habitués) Erasmus tous les lundis soirs. Évidemment, en dix ans, un certain nombre de bars ont fermé, remplacés par d’autres que je ne connais guère. Nous sommes repassées devant le Schwarzer Ritter (Paulistraße 10), établissement un peu glauque qui a pour particularité d’ouvrir très tard et de fermer tôt le matin. C’est typiquement le genre de lieu où on se retrouve, on ne sait trop comment, au sortir de boîte…

Quand j’étais étudiante à Erlangen, je fréquentais avec une assiduité certaine les « Kneipen » (que l’on pourrait traduire par bistrots) organisées, selon un calendrier bien défini, par les différentes résidences étudiantes. En gros, il y a chaque jour de la semaine moyen d’aller picoler dans le bar (ou plutôt la cave vu que les festivités se déroulent souvent en sous-sol) des résidences. Le grand avantage, c’est que la bière y est particulièrement bon marché… Le jeudi, la fête se terminait au petit matin.

Puisqu’on parle de fête, venons-en aux boîtes de nuit et force est de constater que cette bonne ville d’Erlangen est plutôt bien lotie ! Ma préférée est peut-être l’E-Werk (Fuchsenwiese 1). Installée dans une ancienne centrale électrique, elle accueille de très nombreux concerts et soirées festives, parmi lesquelles les célèbres soirées Après-Berg (voir ci-dessous). Le Zirkel (Hauptstraße 105) est un haut-lieu des soirées étudiantes, c’est là qu’avaient lieu les Jura-Partys, autrement dit les soirées des étudiants en droit (confrérie dont je faisais fièrement partie). Je m’aperçois que certaines boîtes que je fréquentais n’existent plus (quelle tristesse…). Le Paisley trône toujours au 15 de la Nürnberger Straße mais ce n’était pas vraiment l’établissement qui avait nos faveurs.

5. Bergkirchweih

J’en arrive à l’événement festif annuel, j’ai nommé Bergkirchweih ! C’est sous ce nom, qui peut paraître imprononçable aux non-germanophones, qu’est désignée la bien-aimée fête de la bière. Celle-ci a lieu fin mai début juin sur une dizaine de jours. Chaque année, Berg pour les intimes est attendue avec une impatience non dissimulée et son épilogue est arrosé par des larmes de tristesse. La fête se déroule dans un parc situé sur une petite colline. Comme vous pouvez l’imaginer, la bière coule à flots et les convives dansent sur les tables au rythme des Schlager (chansons populaires aux textes pas très recherchés) et c’est la fête jusqu’à 23 heures (pas de panique, les réjouissances peuvent se poursuivre dans les boîtes de nuit). La Berg, c’est également des manèges, des étals de confiseries et des saucisses !

Normalement, il fait beau même si on a connu quelques soirées pluvieuses (ce qui est ballot car la fête se déroule en extérieur). Nombreuses sont les filles en Dirndl et les garçons en Lederhosen. Ce type de robe étant cher à mon cœur, j’ai fini par en acheter une lors de mon stage de fin d’études à Stuttgart (qui a également sa fête de la bière). Je la porte dès que possible et autant dire qu’elle était de sortie lors de notre retour à la Berg (et ensuite à l’E-Werk) pour les dix ans de notre année Erasmus ! On trouve Dirndl et Lederhosen un peu partout pendant la fête de la bière et à tous les prix. La mienne m’avait coûté un peu plus de 100 euros. Aux Arcaden (centre commercial d’Erlangen), une boutique éphémère avait même pris ses quartiers.

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Vous l’aurez compris, j’aime beaucoup la Berg, sa bière et ses Dirndl. Lors de notre retour en juin 2019, elle était remplie de jeunes gens, vraisemblablement pour la plupart étudiants (Erlangen étant une grosse ville universitaire). J’envie leur jeunesse et leur insouciance, sans doute parce qu’ils me rappellent une époque révolue et sont malgré eux le symbole du temps qui passe.

Fin de partie pour l’instant nostalgie, vous trouverez toutes les infos sur la Berg en cliquant sur ce lien.

6. Choses à voir

Erlangen ne regorge pas d’attractions touristiques, c’est sans doute la raison pour laquelle les guides touristiques ne lui font pas la part belle. Si l’on en croit Trip Advisor, il ne faut pas manquer la visite du jardin botanique. Cela tombe bien, elle est gratuite !

Le jardin botanique est très agréable mais, soyons honnêtes, ce n’est pas non plus le plus fou que j’ai visité dans ma vie. Ce jardin est en fait une partie du Schlossgarten, le grand parc de la ville où l’on aime s’installer sur la pelouse en été. C’est là que se déroule annuellement la Schlossgartenfest, la soirée « mondaine » de l’université (à laquelle je n’ai jamais assisté).

Erlangen abrite certes plusieurs musées mais je dois admettre n’en avoir visité qu’un seul, le Stadtmuseum qui retrace l’histoire de la ville. Je sais qu’il y a également un musée médical Siemens (l’entreprise étant le premier employeur à Erlangen) néanmoins aucune de mes connaissances ne semble y avoir mis les pieds.

7. Bilan

Fêter les dix ans de notre année Erasmus est et restera une expérience mémorable. Ce séjour du souvenir fut à la fois drôle et émouvant, comme le sont souvent les retours aux sources. Je ne sais pas si on renouvellera ces retrouvailles dans dix ans mais cette perspective nous fait déjà bien rire. Bref, merci à vous, les filles, merci à toi, Erlangen, pour tous ces bons moments, et, je l’espère, à bientôt !

La chanson (certes un peu tombée dans l’oubli) « Le Bilan » de Jacky et Ben-J résume assez bien l’ambiance de notre Erasmus + 10 :

"Le temps passe et passe et passe et beaucoup de choses ont changé
Qui aurait pu s'imaginer que le temps se serait vite écoulé
On fait le bilan calmement en s'remémorant chaque instant
Parler des histoires d'avant comme si on avait cinquante ans"