La montée vers le Nord : entre chutes d’eau, ruines et bancs de sable

J’ai rarement aussi mal dormi dans une auberge de jeunesse : entre portes qui claquent, lits qui grincent et ronfleur intempestif  (qui, en plus d’être une tronçonneuse, s’est cru obligé d’allumer la lumière quand il a fait son entrée dans la chambre quatre plombes après tout le monde). La Highland Backpackers Inverness étant vraiment vieillotte et limite crade, on est heureux de la quitter et de mettre le cap sur le Nord des Highlands.

Notre premier arrêt est le site de Falls of Shin, chute d’eau célèbre pour ses saumons qui sautent pour remonter la rivière (mais on n’en a pas vus ; je suppose que le phénomène n’a pas la même ampleur selon les saisons).

On continue ensuite vers Tongue, paisible village de 560 âmes, qui abrite sur ses terres le Castle Varrich. Pour l’atteindre, il faut emprunter le sentier fléché qui part à côté de la Royal Bank of Scotland. Le château étant en restauration (en fait, il s’agit plutôt d’une tour en ruine), il est défendu de s’en approcher.

A quelques kilomètres de là, Skinnet Beach est un magnifique beau banc de sable, à marée haute comme à marée basse.

Le Craggan Hotel (à Melness) est un endroit parfait pour se restaurer. La carte ne propose pas beaucoup de plats, ce qui est, à mon sens, un gage de qualité et de fait maison. La soupe de poisson est délicieuse tout comme les parts principaux. En dessert, rien de mieux qu’un scone à la confiture. De surcroît, le service est sympathique.

L’aventure se poursuit à Durness, plus particulièrement à Smoo Cave, célèbre cavité naturelle creusée dans la roche calcaire et remplie d’eau. On peut d’ailleurs l’explorer à bord d’un canot (excursion à laquelle nous ne prenons pas part).

On rallie ensuite Balnakeil, hameau connu pour sa chapelle en ruine à laquelle est adossé un cimetière. La vue donne sur une belle plage. Les amateurs de golf iront, si l’envie leur en prend, taper la balle sur le parcours situé juste à côté (il s’agit apparemment du golf situé le plus au Nord de Grande-Bretagne dite « continentale »).

Après avoir fait quelques courses au Spar, on prend la route de Scourie, où nous avons réservé une chambre dans une maison d’hôte répondant au doux nom de Stonechats Croft. Ron, le propriétaire des lieux, est passionné de chasse et de moto. Son terrain est immense et offre une vue splendide sur des îlots.

Ron élève des poules et des moutons (à qui j’ai donné du pain sous sa supervision ; spéciale dédicace à la brebis qui donne la patte quand on lui dit : « Gimme the paw »). Dans un autre registre, je suis montée derrière lui sur son quad (et c’était la première fois que j’enfourchais un tel engin). Sa chienne est également des plus sympathiques, elle joue volontiers à la baballe. En guise de dîner, nous pique-niquons sur une table en bois qui offre une très belle vue sur le littoral. Une fois rentrés, nous discutons avec Ron et le couple d’Anglais qui occupent l’autre chambre. Il nous raconte des anecdotes sur les hivers dans les Highlands du Nord où les conditions climatiques peuvent être dantesques, conditions accentuées par l’isolement dont souffre la région entre novembre et mars (fermeture de certains commerces, peu de visiteurs).

Nessie, es-tu là ?

On a plutôt bien dormi à la Morag’s Lodge. Les lits superposés sont confortables et ne grincent pas trop. Le petit-déjeuner est assez complet avec au menu quelques mets tout britanniques. A neuf heures, nous prenons la route pour Glen Affric, l’un des sites les plus célèbres du Loch Ness. On s’arrête à l’office du tourisme chercher une carte et on se rend aux Dog Falls, point de départ de plusieurs randos. Avant ça, on achète deux parts de quiche et une part de gâteaux chocolat-noix (produits qui se sont révélés très bons), dans une boutique située quasiment en face de l’office du tourisme, en prévision d’un pique-nique sur les sentiers. Les promenades ne sont certes pas très longues mais agréables.

On met ensuite le cap vers Loch Beinn a’ Mheadhoin, River Affric puis Plodda Falls.

Le Loch Ness, c’est joli mais rétrospectivement ce n’est pas ce que nous avons préféré en Ecosse. Par ailleurs, pas de trace de Nessie (et ce n’est pas faute de l’avoir appelé !), c’est à se demander s’il existe vraiment…

En fin d’après-midi, on prend la route d’Inverness, notre camp de base pour la nuit. L’auberge porte le doux nom d’Highland Backpackers Inverness (24 Rose Street). Le moins que l’on puisse dire, c’est que le bâtiment ne paye pas de mine. De l’extérieur, ça fait vieil immeuble qui aurait besoin d’une bonne réfection.

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L’intérieur ne vient pas contre-balancer cette première impression avec ses couloirs sombres et ses peintures qui s’écaillent. On profite de la cuisine commune pour se faire des pâtes au pesto (il y a deux supermarchés en face de l’auberge, pratique pour faire des achats). On file ensuite en direction du centre-ville pour suivre le match de Ligue des Champions opposant la Juventus de Turin à l’AS Monaco. Sur les conseils du gars de l’accueil de l’auberge, on prend nos quartiers au Caledonian. Ce bar dispose, en effet, de plusieurs écrans mais, une chose est sûre, l’affiche de ce soir n’a pas l’air de passionner les foules. On est bien loin de la chaude ambiance des derbys entre le Celtic et les Rangers !

La journée des châteaux

L’aventure écossaise commence tôt avec un vol Air France prévu à 07 heures 10 du matin. Après une heure et demi de vol, nous voici à Edimbourg. Sitôt atterris, on file vers les loueurs de voiture pour récupérer le char réservé sur Internet, une Toyota Aygo. On tient bon devant le discours de l’employée qui nous vante les mérites d’une assurance couvrant plus complète (donc plus chère) et c’est parti !

Le premier défi (la conduite à gauche mise à part) est de rallier le château de Scone Palace, situé à environ 45 miles (eh oui, au Royaume-Uni, on parle en miles !) en partant de l’aéroport d’Edimbourg (compter quelque chose comme une heure de route). L’arrêt vaut largement le coup car le château, dont les premières pierres ont été posées en 1808, est absolument magnifique.

Le château et ses dépendance sont la propriété des (heureux) comtes de Mansfield. Au programme de la visite (11 livres par personne), une belle collection de porcelaines, du mobilier ancien, une galerie royale qui se transforma, en 1842, en piste de curling devant la reine Victoria et le prince Albert (le curling fut inventé en Ecosse en 1510 !). Ne manquez pas les jardins qui sont encore plus beaux quand le soleil est de la partie !

Un château pouvant en cacher un autre, on met le cap vers Blair Castle, situé à environ trois quarts d’heure de route de Scone Palace. Juste avant la visite, on s’arrête au supermarché Asda de Perth pour acheter de quoi se faire des sandwichs. Blair Castle est, du point de vue architectural, très différent de Scone Palace.

Construit au XIIIe siècle, époque de laquelle ne subsiste plus que la tour de Cumming, le château fut agrandi au XVIe siècle. On peut y admirer d’impressionnantes collections de fusils, de porcelaines et plus étonnamment de tabatières.

Le duc d’Atholl, dont la famille se transmet le château de génération en génération, dispose d’une prérogative bien particulière. Il est, en effet, à la tête d’une armée privée, la seule du genre en Europe ! Les Highlanders défilent chaque année au mois de mai, la parade doit valoir le coup. La visite du château achevée, on se dirige vers les jardins, qui sont d’un tout autre genre que ceux de Scone Palace. En fait, ils ressemblent un peu plus à des jardins à la française (tout du moins, pour les jardins d’Hercule [cherchez la statue du héros grec]) alors qu’à Scone, on est frappé par l’étendue du parc boisé.

On reprend la route en direction de Fort Augustus où nous sommes censés passer notre première nuit écossaise. Pendant les deux heures de route, on s’arrête plusieurs fois admirer le paysage.

On arrive à la Morag’s Lodge en début de soirée. Cette auberge est chaleureuse, le bar au rez-de-chaussé, où les gens se retrouvent le soir, n’y est sans doute pas pour rien ! Le petit-déjeuner est en supplément (£3.5) et on le prend. On dîne au Bothy Bar (à cinq minutes à pied de la Morag’s Lodge) qui sert des petits plats (rien de très original mais les portions sont généreuses). Notre promenade digestive se fait le long du canal parsemé d’écluses.

Un quiz est organisé au bar de l’auberge. Nous y prenons évidemment part et c’est d’autant plus drôle que nous sommes les seuls non-anglophones. Notre équipe sauve l’honneur en terminant avant-dernière. Nous regardons d’un œil envieux la bouteille de champagne remportée par les vainqueurs.

 

Ecosse : mode d’emploi

  • Y aller

Le plus simple pour se rendre en Ecosse est sans doute de prendre l’avion direction Edimbourg ou Glasgow. Nous avons choisi un vol aller-retour Paris/Edimbourg opéré par Air France (prix : 130 euros). Si vous êtes plutôt train, rien ne vous empêche de monter dans l’Eurostar et de continuer votre périple ferroviaire vers l’Ecosse depuis Londres. Si vous voulez disposer de votre propre véhicule sur place, vous privilégierez alors le tunnel sous la Manche.

  • Se déplacer

Voiture, train et bus semblent les moyens les plus sûrs pour se déplacer en Ecosse. Afin de gagner en indépendance, nous avons choisi de louer une Toyoto Aygo pour sept jours sur le site d’Enterprise pour environ 130 euros. Le carburant coûte un peu plus cher qu’en France. Qui dit Royaume-Uni, dit conduite à gauche (et au début, ça fait quand même bizarre ; à la sortie des attractions touristiques, un panneau en plusieurs langues rappelle d’ailleurs aux touristes qu’il vaut mieux rouler à gauche). Dans les Highlands, les routes peuvent être particulièrement étroites. Pour dépasser ou laisser passer un autre véhicule, il vous faudra utiliser ces fameux « passing places ».

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  • Dormir

On entend parfois dire qu’un des passe-temps (ou gagne-pain) favori de nos amis britanniques est de monter chez eux un « bed&breakfast » et, en effet, devant les maisons, pullulent les panneaux indiquant que les propriétaires des lieux proposent une chambre. A certaines périodes de l’année, mieux vaut réserver mais la difficulté, c’est que les réservations en ligne ne sont pas toujours possibles. Peut-être alors faut-il téléphoner comme on faisait dans le temps avec ma famille pour les chambres d’hôte ? En tout cas, quand on passait devant ces fameux panneaux, un nombre important indique « no vacancies ». La question est donc la suivante : ces informations sont-elles à jour ? Je n’ai malheureusement pas la réponse !

A côté des « bed&breakfast », il y a bien sûr les hôtels, les campings (ce n’est sans doute pas le type d’hébergement à privilégier en Ecosse en dehors de l’été) et les auberges de jeunesse. Pour notre part, nous n’avons séjourné que dans ces dernières, à l’exception d’une excellente nuit dans un « bed&breakfast ». Pour une nuit en dortoir, il faut compter environ 25 euros par personne contre 80 euros (généralement entre 60 et 80 livres) pour une chambre double en « bed&breakfast ».

  • Manger

Si le Royaume-Uni n’est pas le pays au monde le plus réputé pour sa gastronomie, il offre néanmoins un choix important de restaurants et évidemment de bars (dont beaucoup servent à manger). Vous en trouverez pour tous les goûts, surtout dans les grandes villes.

  • Visiter

Ce ne sont pas les châteaux qui manquent en Ecosse ! En ruine ou reconstruits, ils font le bonheur des touristes. Si dans les grandes métropoles que sont Edimbourg et Glasgow les musées ne manquent pas, de nombreuses villes de taille plus modeste abritent également des musées consacrés à l’histoire locale.

Amateurs de randonnée, vous allez être servis ! Les nombreux sentiers pédestres offrent des possibilités de promenades plus ou moins longues selon le temps dont vous disposez. Les golfeurs trouveront en Ecosse de très beaux terrains de golf (il paraît que certains sont même gratuits).

Ecosse : les dix commandements

  1. Nessie (en vain), tu appelleras

Nessie (alias le monstre du Loch Ness), c’est le type que tout le monde cherche depuis novembre 1933, date de la publication de sa première photo. Depuis, les touristes se postent au bord du Loch Ness et appellent Nessie (limite en jetant des morceaux de pain dans l’eau). J’ai eu beau crier, Nessie n’a pas daigné montrer le bout de son nez. Dois-je pour autant en conclure à son inexistence ?

2. Des lochs, tu verras

Impossible d’aller en Ecosse sans voir de lochs tellement ils sont nombreux. Si on en croit Wikipédia, un loch est une étendue d’eau pouvant désigner tout autant un lac (loch d’eau douce), un bras de mer semblable à un fjord, un estuaire ou encore une baie (loch marin). Indissociables des paysages écossais, les lochs offrent de splendides vues et bien souvent de sympathiques sentiers de randonnée.

3. Des châteaux, tu visiteras

Que serait l’Ecosse sans ses châteaux ? Si les plus célèbres sont sans doute ceux de Stirling, Edimbourg, Scone ou Blair, bien d’autres augustes édifices jalonnent les routes écossaises. Nombre d’entre eux sont en ruine mais qu’importe, cela a aussi son charme. Certains (surtout parmi ceux en ruine) sont réputés hantés…

4. Du vent froid (et de la pluie), tu te protégeras

Je ne t’apprends rien, ce n’est pas en Ecosse que tu rentabiliseras bikinis et mini-shorts. Je ne sais pas trop ce que donne le climat écossais en été mais, une chose est sûre, le mois de mai est venteux, frais et parfois humide. Le coupe-vent imperméable et le sous-pull à manches longues sont de précieux alliés.

5. Sur les Jacobites et la reine Marie incollable, tu deviendras

Visiter l’Ecosse sans entendre parler ni des Jacobites ni de Marie Stuart serait une gageure. Pour faire simple, les Jacobites entendaient ramener Jacques Stuart (dernier roi catholique de la monarchie britannique) et ses descendants sur le trône, duquel ils avaient été chassés après la révolution de 1688. Il y eut plusieurs soulèvements jacobites mais aucun ne permit une restauration de la dynastie Stuart.

Ancienne reine d’Ecosse et de France, Marie Stuart est célèbre pour son destin tragique. Après un règne chaotique marqué par les guerres de religion, elle fut décapitée le 8 février 1587 sur l’ordre de sa cousine la reine d’Angleterre Elisabeth Ière.

6. Avec des moutons, tu sympathiseras

L’Ecosse est peuplée de très nombreux moutons. Dans les champs ou sur les routes (ils sont d’ailleurs adeptes des traversées intempestives), ils sont omniprésents. Ne manque pas les courses effrénées des agneaux visiblement très joueurs ! Les moutons sont cependant difficiles à approcher et ont tendance à fuir à l’approche des touristes. Tu remarqueras que la plupart des moutons portent des traces de peinture sur le dos, à savoir du rouge pour les femelles et du bleu pour les mâles.

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7. Du whisky, tu boiras

Boisson locale par excellence, le whisky est tout sauf une denrée rare en Ecosse. Tu pourras, bien sûr, en consommer dans les bars et en acheter dans les nombreux magasins spécialisés à moins que tu préfères t’approvisionner directement à la source, à savoir dans une distillerie (ces établissements sont bien indiqués sur les routes). Attention, le whisky est lourdement taxé en Ecosse, du coup ne t’attends pas forcément à faire de bonnes affaires. Par contre, tu pourras dénicher des bouteilles quasi introuvables ailleurs.

8. De la cornemuse, tu entendras

Cornemuse est indubitablement une des premiers mots qui vient à l’esprit lorsqu’on évoque l’Ecosse. Sur de nombreux lieux touristiques, tu croiseras des joueurs de cornemuse qui font résonner leur instrument pour le plus grand plaisir des visiteurs.

9. Un kilt, une écharpe,  une peluche Nessie, tu t’achèteras

On associe souvent le joueur de cornemuse au kilt, vêtement on ne peut plus écossais. A Edimbourg, les boutiques pour acheter des kilts ne manquent pas mais je crains que nombre d’entre eux ne soient là que pour satisfaire la clientèle touristique. Ces mêmes échoppes vendent également des écharpes et les inévitables peluches Nessie…

10. Au haggis, tu goûteras

Tu ne pourras pas passer à côté du haggis car la célèbre panse de brebis farcie est à la carte de presque tous les restaurants. Il faut dire aussi que le haggis est considéré comme le plat national écossais. A titre personnel, je n’aime pas le mouton, par conséquent, j’ai laissé la plus célèbre des spécialités écossaises sur le banc de touche.

Lisbonne : bilan

Avec le vol du portefeuille dans le tram 28 très peu de temps après notre arrivée, notre séjour a commencé sur les chapeaux de roues ! Rien de dramatique non plus mais cette histoire nous aura fait perdre pas mal de temps entre le dépôt de plainte et la visite au consulat de France pour effectuer les formalités d’usage en cas de vol de vol de papiers d’identité.

Cette petite mésaventure mise à part, nos vacances lisboètes se sont déroulées sans encombre et nous ont beaucoup plu ! Le monument qui m’a le plus impressionnée est sans doute le splendide Mosteiro dos Jerónimos mais ce que j’ai par dessus tout apprécié, ce sont les promenades dans les petites rues tortueuses. Je recommande vivement l’excursion à Sintra, ville si proche de Lisbonne et si riche en histoire.

Je garde un souvenir ému de la gentillesse et de la spontanéité des Lisboètes. Les gens sont charmants et discutent volontiers avec les touristes.

Lisbonne offre des cafés, bars et restaurants aux prix nettement moins élevés que dans les grandes villes françaises, ce qui est très appréciable. Par ailleurs, on y mange très bien (même si la plupart des plats que j’ai goûtés étaient un peu trop salés à mon goût).

Peut-être sommes-nous allées un peu tôt dans l’année à Lisbonne. S’il n’a plu qu’à Sintra, il n’a pas fait très chaud et le soleil est souvent resté caché. Persuadée que la capitale portugaise est encore plus belle sous un peu plus de lumière, je conseillerais de partir à partir du mois de mars.

Un point négatif ? Peut-être les transports publics sans doute quelque peu débordés par l’afflux de touristes car Lisbonne est, par rapport à d’autres capitales européennes, une ville relativement petite. Bus et trams sont souvent bondés et leur fréquence n’est pas toujours optimale.

Sur ce, il ne me reste plus qu’à vous dire : « à bientôt pour de nouvelles aventures ! ».

Convento do Carmo et Bairro Alto

Pour notre dernier jour dans la capitale portugaise, nous voulions visiter le musée Calouste Gulbenkian. Arrivées sur place, nous trouvons malheureusement porte close car le musée est fermé le mardi (c’était certes indiqué dans le Lonely Planet)… Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, on se promène dans le jardin qui jouxte le musée.

On redescend ensuite vers le parc Edouard VII puis on marche le long de l’avenue da Liberdade, équivalent lisboète des Champs-Elysées.

On déjeune au Mercearia do Século (rua de O Século 145), petit restaurant proposant de délicieux plats portugais. En guise de promenade digestive, on arpente les rues du Bairro Alto. Comme partout à Lisbonne, les couleurs des façades m’épatent.

Faute de pouvoir retourner à Belém acheter des pasteis de Nata dans la célèbre pâtisserie, on se rend dans une boutique, située rua do Loreto, conseillée par un des employés de l’auberge. On entre ensuite dans une boutique spécialisée dans les conserves de sardines. J’en achète deux (il y a vraiment l’embarras du choix !). Le hic, c’est qu’elles me seront ensuite confisquées à l’aéroport car leur volume dépasse légèrement les 100 mL. Eh oui, il y a de l’huile dans les boites de sardines, par conséquent ce type de produit est assimilé à un liquide… Bref, il aurait fallu que je les place en soute, or je n’avais qu’un bagage à main (donc missions impossible !).

Le Convento do Carmo est le dernier monument que nous visitons. Cette ancienne église gothique s’écroula lors du tremblement de terre de 1755 et ne fut jamais reconstruite. J’ai trouvé ce site très impressionnant.

Nous retournons à l’auberge chercher nos sacs avant de prendre le métro pour rallier l’aéroport. Le trajet nous semble plus long qu’à l’aller. Si comme nous, vous voyagez avec une compagnie à bas coûts, il vous faudra monter dans un bus pour rejoindre le terminal 2.

Lisbonne, c’est (déjà) fini… Il est donc venu le temps du bilan !

 

Au consulat de France et à Sintra

J’ai mieux dormi que la nuit précédente malgré le fait que nos compagnons de chambrée ne se soient pas montrés des plus discrets. Entre l’Asiatique arrivée après une heure du matin, qui, après avoir allumé la lumière, a fait rouler sa valise dans le dortoir, et le Texan, qui s’est cru obligé de se lever à quatre heures et demi du matin en faisant un boucan d’enfer, on a pris cher ! Nous prenons le petit-déjeuner et, avant dix heures, nous sommes dans les rues de Lisbonne.

Nous prenons le tram pour nous rendre au consulat de France (rua Santos-o-Velho, 5) afin que mon amie, qui s’est fait voler ses papiers, puisse se faire délivrer un laisser-passer.

Je l’attends au Heim Café (très sympa ce petit café, ils font pas mal de choses à manger), situé juste en face, car, en raison des mesures de sécurité, je ne suis pas autorisée à l’accompagner. Une bonne heure plus tard, elle sort du consulat. Au final, ils ne lui ont pas fait de laisser-passer (apparemment, c’est payant) mais un autre document certifiant qu’elle était titulaire d’un passeport qui a été volé. Je pense que le fait qu’elle puisse présenter une copie dudit passeport et la plainte déposée auprès des services de police a aidé.

Ces formalités accomplies, on marche vers la gare de Rossio pour prendre le train en direction de Sintra.

Le trajet dure quarante minutes pour la modeste somme de cinq euros par personne aller-retour. Arrivées à Sintra, on casse la croûte au Monserrate Confeitaria (av. Heliodoro Salgado 2), petit restaurant situé dans le centre.

On marche vers le Palácio nacional qui est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Palais d’origine maure, il a été agrandi par plusieurs souverains avant que l’inévitable Manuel Ier lui apporte sa touche finale au XVIe siècle. Les différentes pièces composant le palácio sont sublimes, mention spéciale pour les plafonds. Pour visiter cet endroit magnifique (ce que je vous recommande vivement), il vous faudra débourser 9.50 euros.

On prend ensuite le bus 794 pour nous rendre au Palácio nacional da Pena. Le trajet aller-retour coûte 5,50 euros et dure une vingtaine de minutes. Une chose est sûre, ce château ne laisse pas indifférent ! Juché au sommet d’une colline, il détonne avec ses dômes en forme de bulbe et ses couleurs vives.

Pour arriver à un tel résultat, Ferdinand de Saxe Cobourg-Gothat eut recours en 1840 aux services d’un architecte prussien, Ludwig von Eschwege.

Le parc, qui entoure le palais, est magnifique mais étant donné que l’heure de fermeture approche, nous ne pouvons pas l’explorer comme nous l’aurions voulu. A la sortie du domaine, nous tombons sur une longue file d’attente devant l’arrêt du bus pour rentrer à Sintra. Le problème, c’est que pendant plus d’une demi-heure, on ne voit aucun bus à l’horizon, le tout sous une pluie de moins en moins fine… Après plus d’une heure d’attente, nous parvenons à monter dans un bus (nous avons dû en laisser passer plusieurs). Coup de bol, nous sommes les deux dernières à monter… Une vingtaine de minutes plus tard, nous sommes dans le train pour Lisbonne (par chance, un train partait juste quand le bus nous a déposées).

Ce soir, on mange le délicieux dîner de l’auberge concocté par Mamma, la mère du propriétaire de l’hôtel. Le repas se compose d’une entrée, d’un plat et d’un dessert. Le vin ainsi qu’un digestif sont compris dans le prix (10 euros). L’ambiance est très sympa, on reste discuter avec les gens assis à notre table jusqu’à une heure et demi du matin.

Où l’on découvre Belém et des endroits branchés

La journée commence avec le petit-déjeuner de l’auberge. Il est plutôt copieux et a l’avantage d’être inclus dans le prix. On prend notre temps et vers 10 heures 30, on se met en marche vers Belém. Je dis marche car on fait une bonne partie du chemin à pied. On s’arrête au Mercado da Ribeira, grandes halles commerçantes divisées en deux : une partie traditionnelle avec des marchands de fruits et légumes (et plus étonnamment des étals pour les numismates), une autre moderne et branchée avec plein de petits restaurants.

Continuant vers Belém, nous faisons un détour par l’X Factory. Je ne sais pas trop comment décrire cet endroit tellement il me semble hétéroclite avec ses boutiques d’art, ses magasins de vêtements et ses petits bars.

Fatiguées de marcher, on prend le tram vers Belém (il faut dire que longer une artère sur laquelle le trafic routier est dense n’est très attrayant). Avant de commencer à visiter, on mange des spécialités portugaises à base de poisson au Belém 2 a 8 (rua de Belém 2). Verdict : plats délicieux et service sympathique.

On attaque les choses sérieuses avec le Mosteiro dos Jerónimos, monastère célèbre pour son cloître. L’entrée coûte dix euros.

Construit en 1501 par le roi Manuel Ier en hommage aux découvertes du navigateur Vasco de Gama (qui est enterré dans l’église attenante au couvent), ce monastère doit son nom aux moines de l’ordre de Saint-Jérôme qui avaient pour mission de prodiguer du réconfort aux marins et de prier pour le salut du roi.

On visite ensuite le Museu Coleção Berardo qui rassemble des œuvres d’art contemporaines. L’entrée est gratuite.

S’il y a un monument à ne pas manquer à Belém, c’est évidemment la fameuse tour ! C’est encore à Manuel Ier qu’on doit sa construction (l’objectif était de garder l’entrée du port de Lisbonne). Elle a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1983, conjointement avec le Mosteiro dos Jerónimos.

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Impossible de parler de Belém sans évoquer la célèbre Fábrica dos pastéis.  Elle est si renommée qu’il y a foule devant la boutique ! On reprend le tram dans l’autre sens (attention, la fréquence est moindre le dimanche) pour aller nous promener dans le quartier du Bairro Alto. On s’arrête au Miradouro de São Pedro de Alcântara avant de dîner chez Tartine (rua Serpa Pinto 15A), restaurant qui sert, comme son nom l’indique, de très bonnes tartines.

Nous rentrons à l’auberge où se déroule une soirée tapas. Les clients peuvent en grignoter gratuitement (ce ne sont pas non plus les meilleures tapas du monde mais c’est toujours mieux que rien !). La soirée se poursuit dans la bonne humeur entre tapas, bières et verres de vin.

Premier jour à Lisbonne et que d’aventures !

Départ aux aurores pour prendre l’avion à Orly. Le vol, opéré par Transavia, décolle à 07:20, soit exactement l’horaire prévu. Le billet aller-retour nous aura coûté 84 euros.

Arrivées à bon port, on monte dans le métro pour le centre-ville. On décide de prendre directement le tram 28, réputé pour offrir un bel aperçu de la vieille ville. Il y a déjà une belle file d’attente devant l’arrêt. Les trams étant très petits (composés d’une seule voiture), la queue ne diminue pas si vite. Là où le bât blesse, c’est qu’un fois à bord, mon amie se fait bousculer et voler son portefeuille… Autant dire que le séjour commence sur les chapeaux de roues ! Bref, c’est un peu désappointées que nous descendons de ce bon vieux tramway… Conseils : n’empruntez pas les « trams historiques » avec de gros sacs à dos car ils sont étroits et blindés, gardez un oeil (très) attentif sur vos affaires car les vols sont fréquents.

On marche jusqu’à notre auberge, le Home Lisbon Hostel, ce qui représente une belle trotte. Nos sacs déposés, on déjeune au Nicolau (rua de Sao Nicolau 17), petit restaurant très agréable situé juste à côté de l’hôtel.

On se promène ensuite dans les quartiers Est de la ville qui offrent de magnifiques points de vue.

Avec son bassin et son petit jardin, le Miradouro Santa Luzia est un endroit particulièrement agréable.

On déambule dans les charmantes ruelles du quartier de l’Alfama. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles sont étroites !

On prend la direction du poste de « police touristique » afin de déclarer le vol du portefeuille. Le policier qui nous reçoit (il parle anglais) est du genre original. Il est intarissable sur la protection des personnalités (pourquoi en arrive-t-on à ce sujet, me demanderez-vous ; parce qu’un écran diffuse des images de la formation des policiers portugais) et nous donne un conseil plutôt étonnant pour protéger son argent : le cacher dans son soutien-gorge… Evidemment, c’est moins pratique pour les pièces (et je ne vous parle pas des cartes d’identité et de crédit !) et, de surcroît, sans doute plus difficile à mettre en oeuvre pour la gent masculine…

On se pose en terrasse et on commence à discuter avec les deux Allemands de la table d’à côté. On boit plusieurs verres en leur compagnie avant de repasser à l’auberge et dîner ensuite au Stasha (rua das Gaveas 33) sur les conseils de la sympathique réceptionniste de l’auberge. Le restau est, à vrai dire, d’inspiration italienne plus que portugaise mais c’est loin d’être mauvais. Fatiguées par cette première journée, on rentre à l’hôtel.